TABLE DES MATIERES

        Chapitres
  1. Croissance démographique et besoins alimentaires
  2. La faim dans l'abondance
  3. Limites et obstacles
  4. Mesures vers la sécurité alimentaire
  5. Coordination des politiques démographiques et agricoles

FAITS SAILLANTS


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXV, Numéro 4,
Décembre 1997
Aider la révolution reproductive

Quelles sont les chances de faire ralentir la croissance démographique des pays en développement grâce à une révolution durable de la procréation? La population mondiale est devenue tellement nombreuse que même de faibles taux de croissance entraînent néanmoins des accroissements rapides de la population en chiffres absolus — qui mesurent mieux la demande alimentaire que les taux de croissance (74). Par exemple, la population de l'Inde, qu'on estimait à 970 millions d'habitants à la fin du premier semestre 1997, augmente à une cadence annuelle de 1,9 %. A ce rythme, la population de ce pays accuse un gain net de 18 millions d'habitants par an (118). Si ce taux de 1,9 % persiste, la population de l'Inde doublera en 36 ans, pour atteindre 1,9 milliard d'habitants en 2033. Par ailleurs, après trois décennies d'intenses efforts du gouvernement pour limiter le nombre d'enfants par famille, la Chine a un taux de croissance démographique de 1,1 % par an. Même à cette cadence, il y a chaque année en Chine entre 12 à 13 millions de nouvelles bouches à nourrir (12).

Aux taux de fécondité actuels de la plupart des pays en développement, les femmes ont en moyenne plus de trois enfants durant leur vie. Dans certains pays, les femmes ont en moyenne cinq à six enfants, voire sept. Ces chiffres dépassent, bien entendu, la fécondité « de remplacement » d'environ deux enfants par femme — c'est le taux de fécondité qui ferait plafonner le taux de croissance démographique et finirait par stabiliser la population. Même si la prochaine génération a moins d'enfants que la précédente, la population augmentera tant que les couples auront en moyenne plus de deux enfants chacun.

A cause des taux élevés que la fécondité a atteint dans le passé, la plupart des pays en développement ont une population jeune. Dans l'ensemble du monde en développement, la moitié de la population a moins de 23 ans (122). En Afrique subsaharienne, les enfants de moins de 15 ans forment près de 40 % de la population (2). Au fur et à mesure que les jeunes eux-mêmes arrivent à l'âge de procréer, la plupart auront plusieurs enfants. Si la fécondité tombe au niveau de remplacement, il faut une autre génération ou deux pour que la population se stabilise. En outre, il faut au moins 15 ans pour que la réduction des effectifs des tranches d'âge exerce un effet appréciable sur la demande alimentaire et sur les besoins en ressources (33).

Le temps presse. Chaque retard de 20 ans pour atteindre la fécondité de remplacement d'environ deux enfants par femme ajoutera au moins 1 milliard d'habitants à la population mondiale, qui finira par se stabiliser (33). Si le monde atteignait la fécondité de remplacement à la fin de la présente décennie — ce qui est pratiquement impossible — la population mondiale finirait par plafonner à moins de 9 milliards d'habitants. Si, par contre, le niveau de remplacement n'est pas atteint avant 2080 — ce qui pourrait être le cas si les programmes de planning familial ne s'élargissent pas pour répondre aux besoins de populations plus nombreuses et à l'intérêt grandissant que suscite la contraception — la monde finira pas avoir au moins 14 milliards d'habitants (33, 36). Il est probable que la date — et, par conséquent, la dimension éventuelle de la population mondiale — se situeront entre ces deux extrêmes.

Si la fécondité tombait en 2050 au niveau de remplacement, la populaiton mondiale serait d'environ 9,4 milliards d'habitants ; c'est la projection « moyenne » de l'ONU, qui est jugée la plus probable. En pareil cas, la population mondiale plafonnerait aux alentours de 11,6 milliards d'habitants vers 2100 (3, 36). Pour atteindre le niveau de remplacement en 2050, il faudrait que la prévalence de la contraception — pourcentage de femmes mariées en âge de procréer qui pratiquent la contraception — passe, dans les pays en développement, de son niveau d'environ 50 % en 1990 à 73 % en 2025, soit les niveaux actuels des pays développés. La révolution reproductive va très probablement perdurer si les pays en développement renforcent leur engagement face au planning familial pour répondre à l'intérêt grandissant que leurs populations manifestent à l'égard de familles de dimension plus réduite et aussi pour répondre au besoin considérable non satisfait de planning familial (78, 79).


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