TABLE DES MATIERES
Chapitres
- Croissance démographique et besoins
alimentaires
- La faim dans l'abondance
- Limites et obstacles
- Mesures vers la sécurité alimentaire
- Coordination des politiques démographiques
et agricoles
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA
Volume XXV, Numéro 4,
Décembre 1997 |
Une deuxième révolution verte ?
Pour aider à assurer la sécurité alimentaire aux 8 milliards d'habitants escomptés en 2025, le monde a besoin d'une autre Révolution verte (18, 87, 111), comme l'ont demandé de nombreux délégués au Sommet mondial de l'alimentation (24, 65). La Révolution verte, qui a commencé durant les années 1960, aide depuis 30 ans l'offre alimentaire à maintenir l'avance qu'elle a prise sur la demande, malgré l'expansion de cette dernière. En doublant ou triplant les rendements, elle a accordé aux pays en développement un répit qui leur permet de commencer à s'attaquer au problème de leur rapide croissance démographique.
Or, la Révolution verte n'a été qu'un « succès temporaire », comme l'a noté Norman Borlaug, le généticien danois-américain qui en fut l'un des architectes, quand il a reçu en 1970 le Prix Nobel de la paix pour sa contribution (25). Comme l'a fait ressortir Borlaug, il ne suffit pas de renforcer les rendements des cultures existantes ; il est tout aussi fondamental de ralentir la croissance démographique.
La première Révolution verte a fait augmenter la productivité des trois principales cultures alimentaires de base — riz, blé et maïs (83, 99). Entre 1950 et 1990, les rendements céréaliers ont augmenté de près de deux fois et demi, passant de 1,06 à 2,52 tonnes à l'hectare (98). Une deuxième révolution doit aussi relever la productivité d'autres cultures vivrières importantes, comme le sorgho, le millet et le manioc — aliments produits et consommés surtout par les pauvres de ce monde (45, 55, 98, 99).
| Repiquage du riz dans une ferme expérimentale près de Bombay, en Inde, en 1962. La Révolution verte qui a commencé durant les années 1960 a aidé à maintenir la production alimentaire en avance sur la croissance démographique. Mais elle ne représente qu'un succès passager. On a désormais besoin d'une deuxième Révolution verte. |
Jusqu'ici, les perspectives d'une deuxième Révolution verte sont incertaines. Comme la plupart des augmentations des approvisionnements alimentaires doivent venir de terres qui sont actuellement cultivées, l'accroissement de la productivité exigera de nouvelles technologies et de meilleures façons culturales. Or, les pauvres n'ont pas les moyens d'acheter les grosses quantités d'engrais, pesticides et autres intrants agricoles qui ont fait augmenter les rendements pendant la première Révolution verte (46). En outre, la population des pays en développement est beaucoup plus nombreuse qu'elle ne l'était durant les années 1960, la superficie de terres arables par personne est moindre et les ressources naturelles sont plus dégradées. Néanmoins, trois faits récents sont prometteurs :
- Super riz. L'Institut international des recherches rizicoles (IRRI), aux Philippines, a créé une nouvelle souche de super riz capable de faire augmenter les rendements de 25 %, ce qui représente un volume supplémentaire de 100 millions de tonnes par an — soit une quantité suffisante pour nourrir 450 millions de personnes supplémentaires. Ce riz ne semble pas cependant donner de bons rendements sur les terres marginales et son emploi pourrait donc se limiter aux terres basses bien irriguées (61, 64, 66).
- Maïs amélioré. Le Centre international pour l'amélioration du maïs et du blé, au Mexique, a créé plusieurs variétés améliorées de maïs qui pourraient obtenir une augmentation des rendements allant jusqu'à 40 %. Ces variétés pourraient être cultivées sur des terres marginales et pourraient donc l'être par des agriculteurs pauvres. Si elles sont largement utilisées, ces nouvelles variétés pourraient nourrir 50 millions de personnes de plus par an (34).
- Une nouvelle pomme de terre. Le Centre international de la pomme de terre, au Pérou, affirme que, moyennant un investissement de $25 millions, il pourrait obtenir une nouvelle pomme de terre qui résisterait à une forme virulente de brunissure qui sévit sur tous les continents, à l'exception de l'Australie (64).
Pour encourageants qu'ils soient, ces faits nouveaux pourraient fort bien se solder par un effet nul si on continue à dégrader les sols et à pratiquer une agriculture dévastatrice. |