TABLE DES MATIERES
FAITS SAILLANTS
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA
Décembre 1997 |
D'autres options qui permettent de répondre aux besoins alimentaires sur le plan national ou local font intervenir l'amélioration des rendements des terres marginales, la plantation de forêts, l'expansion de l'aquaculture, la redécouverte de produits alimentaires oubliés et l'encouragement de l'agriculture urbaine. Des formules novatrices, qui font augmenter la productivité agricole tout en protégeant la base de ressources naturelles, peuvent aussi aider. Amélioration des rendements sur les terres marginales. La FAO estime qu'il y a peut-être quelque deux milliards d'hectares de terres marginales qui pourraient être utilisées à des fins agricoles mais que les trois-quarts d'entre elles sont trop sèches, trop en pente, trop humides, trop froides ou trop minces pour qu'on y pratique une production alimentaire durable (98, 99). On espère cependant pouvoir diffuser des techniques agricoles plus efficaces qui aident l'agriculture de subsistance sur ces terres marginales. Par exemple, l'Institut international d'agriculture tropicale a avancé la formule d'« agriculture en allées » qui pourrait remplacer le brûlis et l'agriculture transhumante sur des sols tropicaux fragiles en proie à l'érosion. L'agriculture en allées est en train d'être introduite dans plus de 20 pays d'Afrique et d'Asie (48). L'idée est simple : on cultive directement des légumineuses comme le mucuna, qui fixe l'azote et améliore la teneur du sol en matières organiques, entre des rangées d'autres cultures, telles que les pois et les haricots. Les légumineuses aident à maintenir le sol en place et à améliorer sa teneur en éléments nutritifs tout en empêchant les plantes adventices de s'enraciner. Si on utilise une bonne combinaison de cultures, l'agriculture en allées peut considérablement améliorer les rendements sur des sols pauvres de régions à coteaux et réduire donc le besoin de défricher des forêts pour les remplacer par l'agriculture. Sylviculture. Les forêts sont en général plus précieuses quand elles sont sur pied et bien gérées que si on les abat pour réaliser des bénéfices à court terme. Au Pérou, les produits forestiers d'un hectare pourraient rapporter plus de $400 par an, bon an mal an. L'abattage des arbres sur la même superficie et la vente du bois donneraient un revenu ponctuel de $1.000 (98). Des études effectuées par la FAO au Pérou, dans l'Amazonie brésilienne, aux Philippines et en Indonésie conduisent à penser que la récolte de produits forestiers sur une base durable est deux fois plus rémunératrice à long terme que l'abattage des forêts pour les remplacer par des cultures ou des pâturages (99). Il faut souvent 50 à 100 ans pour reconstituer une forêt sur un terrain défriché. En outre, après qu'on a abattu une forêt, la diversité biologique du regain ne correspond jamais à celle d'un site laissé intact (35). Beaucoup de produits végétaux qu'on trouve dans les forêts servent à l'alimentation. Il s'agit par exemple des champignons, des noix de coco, de la résine et de la gomme. Le sagoutier fournit un aliment de base à plus de 300.000 mélanésiens. Des herbes, des feuilles et le bambou servent à nourrir des animaux et sont utilisés comme matériaux de construction. Les forêts renferment des milliers d'espèces différentes de plantes qui pourraient servir à la fabrication de médicaments et de produits pharmaceutiques. Par exemple, un dérivé de la pervenche rose, qu'on trouve à Madagascar, a amélioré la survie d'enfants atteints de leucémie. Le taxol, que renferme l'if occidental, qui pousse dans les forêts du nord-ouest américain, est employé comme médicament anti-cancereux (54). L'horticulture exploite aussi des plantes et des arbres des forêts ; on en extrait également des produits tels que le caoutchouc naturel, des huiles et des résines. Quelques 1,5 millions d'habitants de l'Amazonie brésilienne tirent une grande partie de leurs revenus de la collecte du caoutchouc naturel et d'autres produits forestiers (98). Les lianes et les fibres servent à la fabrication de meubles. Le rotin est la base d'une industrie prospère en Asie du sud-est, qui rapporte $2 milliards par an (98, 99). Expansion de l'aquaculture. Dans le monde, environ 17 % des protéines animales destinées à la consommation humaine proviennent de poissons. Dans certains pays d'Asie, ce chiffre dépasse 50 %. Entre 1984 et 1994, le volume de poissons et autres produits obtenus par élevage dans la mer et dans des étangs d'eau douce a plus que doublé, passant de 10 à 23 millions de tonnes (98, 99). Dans le monde en développement, où sont concentrées les industries de l'aquaculture et de la mariculture, la plus grande partie des produits de la pisciculture sont exportés et ne servent pas à la consommation locale. Les exportations d'espèces telles que les crevettes de toutes tailles et le mérou rapportent beaucoup de devises à un certain nombre de pays pauvres. Quand on a essayé de pratiquer la pisciculture pour la consommation locale, les résultats ont été encourageants. Par exemple, face à la perte de leur gagne-pain à la suite de la surexploitation et de l'intensification de la concurrence des chalutiers commerciaux, des communautés de pêcheurs pauvres de la Province de Capiz, dans l'île de Panay, aux Philippines, se sont mises à pratiquer la pisciculture et à élever des crabes. Les opérations de mariculture ont été lancées par les femmes de trois villages de pêcheurs, grâce à des prêts et à l'assistance technique des bureaux de la FAO et du Fonds de la population des Nations Unies aux Philippines. Le projet offrait aussi aux femmes des services de planning familial et, en quelques années, plus de la moitié d'entre elles pratiquaient la contraception. Avec moins d'enfants, les femmes sont en meilleure santé, sont en mesure de gagner plus d'argent et leurs enfants peuvent aller plus longtemps à l'école (40).
Encouragement de l'agricuture urbaine. Au fur et à mesure que les villes continuent à prendre de l'expansion dans les pays en développement, leurs habitants y pratiquent de plus en plus des cultures vivrières (37). Dans le monde entier, quelque 200 millions de citadins cultivent des plantes qui fournissent à environ 1 milliard d'habitants au moins une partie des aliments dont ils ont besoin (63, 93). L'ampleur de l'agriculture urbaine varie énormément, depuis des parcelles familiales d'un maximum de 20 mètres carrés jusqu'à des serres de 20 à 30 hectares, en passant par de petites opérations commerciales de 200 à 1000 mètres carrés. Certains agriculteurs urbains élèvent des poissons, des mollusques et des plantes aquatiques dans de petits réservoirs, dans des étangs, des bassins de décantation et des estuaires. D'autres utilisent des terrains vagues des villes pour y cultiver des légumes et des fruits. D'autres encore élèvent des cobayes, des lapins et des poulets dans des cages accrochées à des murs ou font des cultures hydroponiques de légumes (63, 93). Les agriculteurs urbains produisent des quantités impressionnantes d'aliments. Au Ghana, par exemple, les jardins urbains fournissent à la ville 90 % de ses légumes. A Dar-es-Salaam, en Tanzanie, un adulte sur cinq cultive des fruits et des légumes. Plus de 60 % de la superficie de la banlieue de Bangkok est occupée par des jardins maraîchers, que cultivent surtout des femmes et des enfants (63, 93). Adoption de nouvelles méthodes. Certains pays à agriculture traditionnelle améliorent leurs rendements grâce à de nouvelles formules qui utilisent de faibles doses d'intrants agricoles — ils fertilisent avec des déchets animaux au lieu d'employer des engrais chimiques, recyclent les éléments nutritifs, économisent l'eau et choisissent des variétés de plantes qui correspondent bien aux conditions du sol et au climat (98, 99, 110, 111, 112). En Indonésie, par exemple, le riz javanais avait été pratiquement éliminé en 1984 par une sauterelle brune qui résistait aux pesticides. Pour parer à ce fléau, le gouvernement a préconisé une nouvelle méthode, la gestion intégrée des insectes nuisibles (127). La gestion intégrée des insectes nuisibles comporte plusieurs étapes — préservation des prédateurs naturels de ces insectes, utilisation de variétés résistantes, et réduction draconienne du volume de pesticides chimiques employés. Grâce à cette formule, l'infestation de sauterelles brunes a été maîtrisée moyennnant des pertes minimes de produits récoltés (96). En quelques années, les agriculteurs javanais qui employaient les méthodes de gestion intégrée ont obtenu des rendements supérieurs à ceux qui continuaient à faire des épandages de pesticides par pulvérisation (98). | ||||