TABLE DES MATIERES

        Chapitres
  1. Croissance démographique et besoins alimentaires
  2. La faim dans l'abondance
  3. Limites et obstacles
  4. Vers la sécurité alimentaire
  5. Coordination des politiques démographiques et agricoles

FAITS SAILLANTS


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202-4012, USA


Volume XXV, Numéro 4,
Décembre 1997
Profils

Z ongo Adulsallam
Kokologo, Burkina Faso

« Si j'avais pratiqué le planning familial, mes petits-enfants pourraient aujour-d'hui vivre décemment de leur terre. Peut-être mes enfants auraient tous pu aller à l'école ».
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Zongo Adulsallam a vécu les 68 années de son existence à Kokologo, l'un des milliers de villages du Burkina Faso, où il pratiquait une agriculture de subsistance. Kokologo est au milieu de la zone agricole du Burkina Faso, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Même dans une année faste, la récolte donne à peine de quoi nourrir le village pendant six mois.

Comme les autres agriculteurs de sa région, Zongo cultive sur un sol sec du millet, du sorgho, des arachides et des haricots. Les pluies sont saisonnières, la terre a été surexploitée et le sol est dégradé. « La vie est très dure pour nous », dit Zongo,« mais au moins nous avons nos petites parcelles ». Cependant, à chaque génération, les propriétés sont subdivisées entre les fils en parcelles et deviennent de plus en plus petites. « Mes petits-enfants ne peuvent pas vivre de leurs parcelles », dit-il. « Ils passent la moitié de l'année à Ouagadougou, à faire de petits métiers ».

La vie s'améliore petit à petit à Kokolongo ; le taux de mortalité infantile diminue, par exemple. Un projet du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a récemment apporté le planning familial au village. Comme le dit Zongo « si j'avais pratiqué le planning familial, mes petits-enfants pourraient aujourd'hui vivre décemment de leur terre. Peut-être mes enfants auraient tous pu aller à l'école ».

La production alimentaire continue à poser problème. La sécheresse chronique a rapproché le désert. Mais le gouvernement a commencé à fournir au village une meilleure variété de millet capable de survivre avec moins de pluie. Zongo espère que les rendements du village en millet et en sorgho vont s'améliorer. Il voit l'avenir avec optimisme. « Nous ferons notre travail. Nous pouvons seulement prier que Dieu fasse le sien ».


R angit Kaur
Thaska, Inde

« Si nous avions aussi la possibilité de mieux planifier nos familles », déclare Mme Kaur, « nos pénuries chroniques d'aliments ne seraient pas une telle charge. Nous aurions moins de bouches à nourrir ».
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« Les bêtes sont notre fardeau », déclare en souriant Rangit Kaur. Chaque année, le bétail retourné à l'état sauvage dévore les trois-quarts des récoltes du village de Thaska ; on le laisse librement circuler, parce qu'il est sacré selon la religion hindoue. En qualité de responsable de la Société de développement de Thaska, Mme Kaur a demandé au gouvernement d'aider à régler la question du bétail, mais sans auccès jusqu'ici.

Pour les 175 ménages du village de Mme Kaur, qui se trouve dans les collines de l'état de Haryana, le bétail n'est pas le seul problème. Ni la nature ni les hommes n'ont été bons pour Thaska. Pendant la mousson, le village est envahi par les eaux et la boue ; pendant la saison sèche, la chaleur et la poussière règnent. Il n'y a ni poste de santé publique, ni dispensaire de planning familial.

En sus des dégâts causés par le bétail, les sécheresses prolongées ont aussi dégradé une grande partie des terres agricoles du village. Celui-ci est loin de suffire à ses besoins alimentaires. Les habitants cultivent du blé, du maïs et des arachides. Ils ramassent aussi du bois et de l'herbe dans une forêt voisine dans le cadre d'un accord avec le département forestier de l'état de Haryana. Néanmoins, comme le dit Mme Kaur, « même si nous avons de la chance, nos stocks alimentaires ne durent que six mois. Un grand nombre de nos hommes, y compris mon mari, doivent partir chercher du travail dans les villes voisines. Ou ils doivent se louer à de gros propriétaires » (pour l'équivalent de 50 cents américains par jour).

Récemment, le gouvernement a construit un barrage de retenue dans les collines boisées derrière le village ; les habitants se sont mis à espérer qu'ils auraient une source d'eau mieux assurée pendant la plus grande partie de l'année. « Si nous avions aussi la possibilité de mieux planifier nos familles », déclare Mme Kaur, « nos pénuries chroniques d'aliments ne seraient pas une telle charge. Nous aurions moins de bouches à nourrir ».


L eopoldo Torrez
El Chile, Nicaragua

« J'aurais aimé quand j'étais plus jeune, avoir le planning familial. Je n'aurais pas eu autant d'enfants ».
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Leopoldo Torrez pratique une agriculture de subsistance dans le minuscule village de El Chile, au Nicaragua. El Chile s'accroche à flanc de colline, au beau milieu du district montagneux de San Ramon. Des bribes de forêt tropicale subsistent mais la plus grande partie des terres ont été défrichées par des agriculteurs comme Torrez. Le seule route de terre battue qui amène au village à travers les collines est détruite durant la saison des pluies. Même quand la route est passable, seuls des véhicules à quatre roues motrices et des chevaux peuvent l'emprunter. La plupart des gens font 3 heures de marche pour atteindre la route pavée la plus proche.

Torrez s'efforce depuis 20 ans de vivre péniblement sur une parcelle rocailleuse de 2 hectares. Lui et sa femme ont six enfants à nourrir — trois filles et trois garçons. Leurs deux récoltes de haricots et de maïs peuvent faire vivre la famille pendant seulement six mois. Entre les récoltes, Torrez essaie de se faire embaucher comme ouvrier agricole. Les enfants vont tous à l'école mais, au moment de la récolte, tout le monde doit travailler dans les champs.

La vie est difficile pour la famille Torrez. Si la récolte n'est pas bonne ou si Leopoldo ne peut pas trouver suffisamment de travail, il n'y a parfois pas grand chose dans les assiettes. Il est fataliste au sujet de l'avenir : « Ce qui doit arriver arrivera », dit-il. « Nous avons survécu jusqu'ici. Nous n'avons qu'à continuer ». Mais, ajoute-t-il. « J'aurais aimé, quand j'étais plus jeune, avoir le planning familial. Je n'aurais pas eu autant d'enfants ».

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