Table des matières

        Chapitre
  1. La prochaine crise de l'eau
  2. Disponibilités en eau et emploi de l'eau
  3. Le problème des pénuries d'eau
  4. Conséquences de la surutilisation et de la pollution
  5. La dimensión santé
  6. Economies d'eau et gestion de l'eau
  7. Vers une révolution bleue

Faits saillants


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.


Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998

Répartition de l'eau douce

Le cycle hydrologique n'apporte aucune garantie à l'humanité. Les trois-quarts environ des précipitations annuelles tombent dans des régions qui renferment moins du tiers de la population mondiale. Vu sous un angle opposé, on peut dire que les deux-tiers de la population mondiale vivent dans des régions qui ne reçoivent que le quart des précipitations mondiales annuelles (74). Par exemple, environ 20 % du ruissellement mondial moyen se situent chaque année dans le bassin de l'Amazone, vaste région qui compte moins de 10 millions d'habitants, soit une fraction minuscule de la population mondiale. De même, le Congo et ses affluents reçoivent environ 30% des précipitations annuelles de l'ensemble du continent africain, mais son bassin renferme seulement 10 % de la population du Continent (74, 174).

Plus de la moitié du ruissellement mondial a lieu en Asie et en Amérique du Sud (31 % et 25 %, respectivement) (74). Cependant, sur une base par personne, l'Amérique du nord dispose de la plus grande quantité d'eau, avec plus de 19.000 mètres cubes par an, selon des estimations de 1990. Par contre, le volume par personne n'atteint qu'un peu plus de 4.700 mètres cubes en Asie, Proche-Orient compris (134).

Par pays, le volume d'eau douce renouvelable disponible par personne sur une base annuelle, selon des estimations de 1995, va de plus de 600.000 mètres cubes en Islande à seulement 75 mètres cubes par personne au Koweit. (69).

On observe aussi des différences remarquables de disponibilités en eau à l'intérieur d'un pays. Au Mexique, moins de 10 % de la superficie fournit chaque année plus de la moitié du ruissellement national. Bien que 90 % du Mexique soit aride et manque d'eau de façon chronique, le total de l'eau disponible par personne en 1990 dépassait 4.000 mètres cubes. Ce chiffre est grossièrement trompeur si on s'en sert pour mesurer l'eau dont disposent effectivement la plupart des mexicains (30).

Selon Earth Times, que publient les Nations Unies, «les inégalités entre riches et pauvres ne sont jamais plus brutales que sur le plan de l'accès à l'eau» (193). «Si on demande à un new-yorkais ce qu'il pense du problème de l'eau, il va sans doute répondre : «Quel problème ?». Posez la question à un habitant de New Delhi et vous aurez de la chance si vous vous en sortez avec un discours de 15 minutes expliquant que l'eau arrive une fois par jour, doit être économisée, sent mauvais et, si on la boit sans la faire bouillir, risque de vous rendre malade (193).

Dans la plus grande partie du monde en développement, l'eau douce se présente sous forme de pluies saisonnières. Ces pluies ruissellent trop rapidement pour qu'on puisse les utiliser efficacement, comme dans le cas des moussons en Asie (139). L'Inde, par exemple, reçoit 90% de ses pluies durant la mousson d'été, qui dure de juin à septembre. Pendant les huit autres mois, le pays reçoit à peine une goutte de pluie. En raison du caractère saisonnier de l'approvisionnement en eau, l'Inde et quelques autres pays en développement ne peuvent employer au maximum que 20 % de l'eau douce dont ils pourraient disposer (132).

Modification des systèmes d'approvisionnement naturels. Comme les sociétés qui manquent d'eau le font depuis des siècles, beaucoup de pays s'efforcent de transporter l'eau des endroits où on la trouve aux endroits où la population en a besoin, et aussi de l'entreposer pour s'en servir plus tard. Les égyptiens ont construit des milliers de canaux et de fossés d'irrigation pour capter les eaux du Nil afin de pratiquer leurs cultures. Durant le premier siècle de notre ère, les ingénieurs romains ont alimenté Rome en eau en construisant d'énormes aqueducs qui la transportaient sur des distances allant jusqu'à 100 kilomètres (21).

On trouve dans le monde quelque 40.000 barrages de plus de 15 mètres de haut, dont la plupart ont été construits durant les 50 dernières années (199). Bien que les barrages aident à assurer un apport constant d'eau, ils mettent souvent en danger les écosystèmes aquatiques ; en effet, ils bouleversent les cycles de crues, bloquent les lits de cours d'eau, modifient la circulation de l'eau dans les fleuves, les plaines à inondation, les deltas et autres terres humides naturelles, et mettent en danger les plantes et les animaux (141).


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