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Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Septembre 1998 |
Concurrence entre usagers de l'eauUn certain nombre de pays développés, dont la Belgique, le Royaume-Uni, la Pologne, Singapour et les USA, connaissent des tensions suscitées par le manque d'eau (69). Dans le sud de l'Angleterre, par exemple, la demande urbaine d'eau augmente si rapidement que les cours d'eau et les nappes souterraines ne peuvent y suffire durant les mois secs de l'été. Dans l'ouest des USA, les agriculteurs qui veulent irriguer davantage leurs cultures sont en concurrence avec les zones urbaines à croissance rapide qui ont besoin de quantités d'eau supplémentaires pour les ménages et d'autres usages municipaux (138). En Inde, des différends ont éclaté entre des états à propos de droits riverains et de barrages susceptibles de fournir plus d'eau à un état au détriment d'un autre. «Si on ne les règle pas, les différends suscités par l'eau poseront un problème considérable pour la stabilité de la société indienne», déclare Mohan Katarki, avocat qui représente l'état de Karnataka dans un litige qui l'oppose à l'état de l'Andhra Pradesh à propos de l'eau (129). Ces deux états plaident en justice à propos de la hauteur d'un barrage sur le fleuve Krishna qui pourrait conditionner le volume d'eau mis à leur disposition. La Chine pratique déjà ce que certains experts hydrauliciens appellent «le jeu à somme nulle de gestion de l'eau» (138). Le jeu à somme nulle — quand les autorités augmentent l'apport d'eau à un usager en la prélevant sur un autre — se joue entre régions concurrentes du pays et entre catégories concurrentes d'utilisation, par exemple quand les villes entrent en concurrence avec l'agriculture. Le Fleuve jaune, en Chine, est un exemple classique de jeu à somme nulle. Ce fleuve est tellement sollicité que, depuis les derniers 10 ans, pendant 70 jours par an, en moyenne, il cesse d'exister avant d'atteindre la Mer Jaune. En 1995, la période sèche a duré 122 jours. En 1996, l'une des rares années durant lesquelles il y avait suffisamment d'eau pour que les villages agricoles proches de l'embouchure puissent pratiquer leurs cultures, les autorités leur ont donné l'ordre de ne pas prélever une goutte. Toute l'eau qui coulait le long des champs desséchés devait en effet servir à une exploitation pétrolière dont l'Etat était propriétaire en aval (172). Par ailleurs, pour répondre aux besoins urbains, le gouvernement de la Chine envisage de construire un énorme aqueduc qui amènera à Beijing l'eau du Réservoir de Danjiangkou, dans la Province de Henan, sur 1.300 kilomètres de terres à agriculture intensive — qui ont également besoin d'eau pour leur production alimentaire (87,173). Si la Chine diminue trop les affectations aux usages agricoles, sa production céréalière va probablement en pâtir, la contraignant sans doute à intensifier ses importations de céréales. Or, selon le Worldwatch Institute, les autres pays producteurs de céréales n'ont guère de possibilités de renforcer leurs exportations. Aux Etats-Unis et en Europe, par exemple, les progrès de la productivité agricole parviennent à peine à suivre l'évolution de la population. L'Australie et le Canada sont fortement tributaires de l'agriculture en sec et doivent obéir aux impératifs de précipitations limitées. Le Worldwatch Institute prédit donc que «le manque d'eau en Chine pourrait rapidement conduire à une pénurie mondiale de céréales» (15). L'accroissement de la demande de céréales en Chine pourrait faire augmenter leur cours sur le marché mondial et les mettre hors de portée de certains pays pauvres. Conflits régionaux. Dans presque toutes les régions à manque d'eau, la menace de conflits régionaux suscités par l'insuffisance d'eau devient grave (58,120). En Afrique, par exemple, une cinquantaine de cours d'eau traversent au moins deux pays. En particulier, l'accès à l'eau des bassins du Nil, du Zambèze, du Niger et de la Volta risque d'être la source de conflits (197). En Asie centrale, le Bassin de la Mer d'Aral est au centre de différends internationaux à propos de l'eau. Le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakstan, le Kyrgyzstan et le Tadjikistan sont tous tributaires, pour survivre, de l'eau des fleuves Amou Darya et Syr Darya. Le débit des deux fleuves sert presque entièrement à irriguer des cultures qui, comme le coton et le riz, exigent beaucoup d'eau. La plupart des années, seul un filet d'eau parvient à la Mer d'Aral (89, 164). Au fur et à mesure qu'augmente la demande, la répartition de l'eau devient de plus en plus difficile, car les cinq Républiques d'Asie centrale veulent toutes en recevoir une part plus grande (40,89). Les différends s'accentuent entre les Kyrgyzes et les Ouzbèques au sujet de l'eau et des terres de la fertile Vallée de Fergana ; entre les Kyrgyzes et les Tadjiks au sujet de l'affectation de l'eau d'irrigation provenant du Syr Darya ; et entre les Turkmènes et les Ouzbèques à propos de la répartition de l'eau d'irrigation provenant de l'Amou Darya (138). Aux Etats-Unis, le fleuve Colorado, qui traverse le sud-ouest du pays, a alimenté une agriculture irriguée et a permis la croissance explosive des villes du désert. Or, aujourd'hui, les demandes d'eau pour l'irrigation et pour l'approvisionnement des villes sont devenues si considérables que le fleuve ne parvient plus à son embouchure au Mexique, dans le Golfe de Californie. L'eau se perd quelque part dans le désert, au sud de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique (140). La disparition prématurée du fleuve a été cause de disputes entre les Etats-Unis et le Mexique. |