Table des matières

        Chapitre
  1. La prochaine crise de l'eau
  2. Disponibilités en eau et emploi de l'eau
  3. Le problème des pénuries d'eau
  4. Conséquences de la surutilisation et de la pollution
  5. La dimensión santé
  6. Economies d'eau et gestion de l'eau
  7. Vers une révolution bleue

Faits saillants


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.


Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998

Maladies à support hydrique

Les maladies à support hydrique sont causées par des organismes aquatiques qui passent une partie de leur cycle de vie dans l'eau et une autre partie comme parasites d'animaux. Ces organismes peuvent prospérer, que l'eau soit polluée ou non. A l'état de parasites, ils prennent en général la forme de vers vivant dans des vecteurs animaux intermédiaires, tels que les escargots, et infectent alors directement les humains soit en perçant leur peau soit par ingestion (14).

Parmi les maladies à support hydrique, on peut citer le ver de Guinée (draconculose), la paragonimiase, la clonorchiase et la schistomosiase (bilharziose). Ces maladies sont causées par une variété de douves, ténias, ascaris et nématodes, souvent groupés sous le nom d'helminthes, qui infectent les êtres humains (119). Bien qu'elles n'entraînent généralement pas la mort, elles peuvent être douloureuses à l'extrême, empêcher les malades de travailler et parfois même rendre tout mouvement impossible.

Souvent, la prévalence de maladies à support hydrique augmente quand on construit des barrages : en effet, l'eau stagnante qui s'accumule derrière un barrage offre des conditions idéales aux escargots, qui sont les hôtes intermédiaires de nombreux types de vers. Par exemple, le barrage d'Akosombo, sur le Lac de la Volta, au Ghana, et le Grand Barrage d'Assouan, sur le Nil, en Egypte, sont à l'origine d'énormes accroissements de schistosomiase dans ces régions (10). Par ailleurs, au Mali, une enquête effectuée dans 225 villages situés dans des milieux écologiques différents a constaté que la prévalence de schistosomiase urinaire était cinq fois plus élevée dans les villages alimentés par de petits barrages (67 %) que dans les villages de la savanne plus sèche (13 %) (95).

Prévention et solutions. On peut empêcher l'infection en provenance de maladies à support hydrique si on lave les légumes à l'eau pure et si on cuit longuement les aliments. On peut aussi éviter de marcher dans les cours d'eau infectés ; en effet, beaucoup de parasites pénètrent par les pieds et les jambes. Dans les régions où le ver de Guinée est endémique, on peut, si on ne dispose pas d'eau pure, utiliser un morceau de tissu ou de gaze de nylon pour filtrer l'eau contenant des larves de ver de Guinée (voir encadré, Une solution réussie : l'éradication mondiale du ver de Guinée) (211). Comme dans le cas des maladies dues au manque d'eau, l'élimination hygiénique des déchets humains aide à maîtriser les maladies à support hydrique. En outre, la construction de canaux d'irrigation et d'autres canalisations d'eau à pente rapide rend plus difficile la survie des escargots, ce qui élimine l'hôte intermédiaire (14).

Certains projets de mise en valeur de l'eau ont commencé à réaliser des programmes de lutte contre les maladies en parallèle avec les travaux de construction. Aux Philippines, par exemple, où le développement des ressources en eau bénéficie d'une priorité élevée, le Projet national d'amélioration des systèmes d'irrigation, dont la réalisation a commencé à Layte en 1979, comportait des dispositions particulières, assorties de moyens de financement, pour la maîtrise de la schistosomiase. A la suite de ces mesures, la prévalence de maladies à support hydrique est tombée de 24 % en 1979 à 9 % en 1985. En raison de la réduction du nombre de malades, on a estimé que la productivité avait augmenté en moyenne de 19 jours de travail par personne et par an, représentant un supplément de salaires de EU$1 million (95).


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