Table des matières

        Chapitre
  1. La prochaine crise de l'eau
  2. Disponibilités en eau et emploi de l'eau
  3. Le problème des pénuries d'eau
  4. Conséquences de la surutilisation et de la pollution
  5. La dimensión santé
  6. Economies d'eau et gestion de l'eau
  7. Vers une révolution bleue

Faits saillants


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.


Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998

Maladies transmises par des vecteurs liés à l'eau

Des millions de gens ont des infections que transmettent des vecteurs — insectes ou autres animaux capables de transmettre une infection, tels que moustiques ou mouches tsé-tsé — qui se reproduisent et vivent dans ou près de l'eau, polluée ou non. Ces vecteurs infectent les humains avec le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, la maladie du sommeil et la filariose. Le paludisme, qui est la maladie la plus répandue, est endémique dans une centaine de pays en développement, où quelques 2 milliards d'habitants sont à risques (26, 198). En Afrique sub-saharienne, on estime que le paludisme entraîne chaque année EU$1,7 milliards en dépenses sous forme de traitement et d'abaissement de la productivité (126).

L'incidence de maladies transmises par des vecteurs liés à l'eau semble être en augmentation (202). Beaucoup de raisons expliquent cet état de choses : les hommes acquièrent de la résistance aux médicaments anti-paludiques ; les moustiques deviennent résistants au DDT, qui est le principal insecticide employé ; les changements apportés à l'environnement créent de nouveaux gîtes de ponte ; la migration ; l'évolution du climat et la création de nouveaux habitats signifient qu'il y a moins d'habitants dotés d'une immunité naturelle contre la maladie ; et beaucoup de programmes de lutte contre le paludisme ont ralenti leurs efforts ou sont abandonnés (205).

L'absence d'une bonne gestion de l'eau et la carence de mesures de prévention contribuent à l'accroissement de l'incidence du paludisme, de la filariose et de l'onchocercose. Souvent, les travaux de construction font augmenter la population de moustiques : en effet, même si elles ont une existence éphémère, les flaques d'eau stagnante deviennent des gîtes de ponte (95). Par exemple, en Afrique occidentale, on a lié une épidémie de fièvre de la vallée du Rift, en 1987, au Projet du Bas Sénégal. Ce projet, qui a inondé la région du Bas Sénégal, a permis au moustique qui transmet le virus de prendre une telle expansion qu'il s'est propagé aux humains au lieu de rester chez ses hôtes animaux ordinaires (126).

Prévention et solutions. La solution des maladies transmises par des vecteurs liés à l'eau pourrait paraître simple : il suffirait d'éliminer les insectes qui transmettent ces maladies. Or, cela est plus facile à dire qu'à faire : en effet, les pesticides peuvent eux aussi être nuisibles à la santé, s'ils pénètrent dans l'eau potable ou dans l'eau d'irrigation. Par ailleurs, de nombreux insectes acquièrent de la résistance aux pesticides et, ici encore, des maladies peuvent réapparaître sous de nouvelles formes (126).

Parmi les options techniques de lutte contre ces maladies figurent l'emploi de filets de fonds et l'introduction de prédateurs naturels et d'insectes stériles. Dans le Gujarat, en Inde, par exemple, un élément important d'un projet de lutte intégrée contre les vecteurs de maladie a consisté à élever des guppys — poissons qui mangent les larves de moustique — dans les plans d'eau, ce qui a permis d'éliminer entièrement le recours à des insecticides (209). Une méthode peu coûteuse de lutte contre les vecteurs d'insectes consiste à faire flotter sur les plans d'eau statique des boules en polystyrène. Comme les boules recouvrent la surface de l'eau, les larves de moustiques meurent par manque d'air (14).

Une autre façon de lutter contre les vecteurs consiste à assainir l'habitat des espèces — en employant des méthodes biologiques et en gérant l'habitat de manière à réduire ou éliminer les gîtes de ponte naturels des vecteurs de la maladie (13). Pour parvenir à ce but, on peut combler et drainer les plans inutiles d'eau stagnante ; recouvrir les récipients d'entreposage de l'eau; éliminer les gîtes de ponte des moustiques en enlevant périodiquement les plantes qui envahissent les canaux, les réservoirs et les étangs à poisson ; remplacer les canaux par des réseaux d'irrigation par aspersion ou au goutte-à-goutte et doter les canaux d'un revêtement pour empêcher l'accumulation de vase qui entrave la circulation de l'eau (95). Par ailleurs, l'intergration aux services sanitaires de l'éducation en matière de prévention des maladies et l'encouragement de débats communautaires à propos de la prévention aideraient la population à lutter contre les vecteurs et à identifier et éliminer les gîtes de ponte qui ne sont pas facilement dépistables (95).


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