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Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Septembre 1998 |
Economies réalisées par les municipalitésOffre. L'offre municipale d'eau se heurte presque partout à des problèmes. En 1986, une enquête portant sur 15 villes d'Amérique latine a constaté que les réseaux municipaux perdaient entre 40 % et 70 % de leur eau (203). En Inde, plus de 40 % de la totalité de l'eau fournie aux municipalités se perd en transit, avant de pouvoir atteindre les consommateurs (170). Même à Malte, l'un des pays du monde les plus pauvres en eau, 30 % de l'eau destinée aux consommateurs se perd par des fuites (131). Il n'est pas nécessaire que les réseaux municipaux perdent tant d'eau. Par exemple, la ville de Genève, en Suisse, ne perd que 13 % de son eau entre la source et le consommateur (203). Dans la plupart des villes, le resserrement des joints des conduites d'eau et la réparation des fuites des bornes-fontaines municipales et des raccords avec les ménages économiseraient plus d'un tiers de l'eau qui est actuellement gaspillée. A Jakarta, en Indonésie, par exemple, on pourrait réduire les pertes d'eau de 20 % en réparant les fuites des conduites de distribution et économiser ainsi près de 12 milliards de gallons d'eau par an, soit un volume suffisant pour alimenter en eau courante 800.000 nouveaux consommateurs (143). Beaucoup de villes pourraient mieux gérer leur alimentation en eau si elles pouvaient éliminer les branchements illégaux. Aux Philippines, par exemple, le Conseil de règlementation de l'eau a estimé que le réseau de Manille compte environ 20.000 branchements illégaux qui détournent plus de 200.000 mètres cubes d'eau par jour à des fins domestiques et commerciales. La Loi de la crise de l'eau, adoptée en 1995, punit d'une amende ou d'une peine de prison toute personne reconnue coupable de vol d'eau (29). Demande. Selon l'expert hydraulicien Sandra Postel, «on commence lentement à se rendre compte que la gestion de la demande, plutôt qu'une lutte continuelle pour la satisfaire, est le moyen le plus sûr d'arriver à la sécurité en matière d'eau» (139). La gestion de la demande comporte plusieurs volets visant à économiser l'eau : politiques économiques, notamment établissement du prix de l'eau ; lois et règlements, par exemple restrictions imposées à certaines utilisations de l'eau ; solutions techniques, comme l'installation de compresseurs de débit ; et participation du public et des consommateurs (130). Par exemple, en 1998, lors de la réunion de la Commission des Nations Unies pour le développement durable, de nombreux délégués ont plaidé en faveur de l'adoption d'une formule économique par les pays qui disposaient de bons systèmes de distribution de l'eau. Dans ces pays, on pourrait, pour encourager les économies d'eau, en faire un produit vendu aux consommateurs à des tarifs qui correspondent à sa valeur véritable (193). On peut aussi citer les exemples suivants de mesures susceptibles de réduire la demande municipale (122):
La ville de Mexico a relevé ce défi avec une stratégie d'économie de l'eau comportant une multiplité d'éléments. En 1989, l'administration municipale a adopté des normes rigides d'efficacité qui s'appliquent à tout le matériel et à tous les appareils de plomberie ménagère. Un an plus tard, elle a relevé les barèmes d'eau, encourageant ainsi les habitants à installer des robinets et des appareils plus efficaces. En outre, la ville a exigé que toutes les nouvelles toilettes qui étaient installées utilisent au maximum 6 litres par chasse, alors que les toilettes classiques utilisent en moyenne 16 litres. En 1991, plus de 350.000 toilettes à faible chasse avaient été installées, économisant ainsi 28 millions de mètres cubes d'eau par an Å soit un volume suffisant pour répondre aux besoins ménagers annuels de 250.000 nouveaux abonnés. La ville est loin d'avoir surmonté tous ses problèmes d'eau, mais elle a fait des progrès pour réduire la forte demande imposée à ses services d'alimentation en eau (139, 143). Dans la plupart des cas, la mise en place d'un barème de prix qui définit de façon appropriée les valeurs de l'eau peut se solder par une importante différence (voir Etablissement de la valeur des ressources en eau douce, dans le chapitre 7.2). Par exemple, quand la compagnie des eaux de Bogor, en Indonésie, a triplé et, parfois, quadruplé les prix de l'eau, la consommation mensuelle moyenne d'eau par les ménages a diminué de 30 % en moins d'un an. La compagnie a pu ainsi raccorder davantage de maisons au système existant et éviter d'avoir à construire un nouveau système (139). |