Table des matières
Chapitre
- La prochaine crise de l'eau
- Disponibilités en eau et emploi de l'eau
- Le problème des pénuries d'eau
- Conséquences de la surutilisation et
de la pollution
- La dimensión santé
- Economies d'eau et gestion de l'eau
- Vers une révolution bleue
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998 |
Besoin de meilleures politiques
L'eau douce est le liquide qui facilite le développement. C'est un intrant économique, au même titre que l'infrastructure, l'énergie et le savoir humain (130). En l'absence d'une meilleure gestion des maigres ressources en eau dont nous disposons, il est impossible d'obtenir un développement durable (17, 198, 218). En règle générale, les politiques ont quatre grands points faibles qui, selon Ismail Serageldin, Vice Président de la Banque mondiale pour un développement durable en fonction de l'environnement, accentuent l'incapacité dont le monde fait preuve pour gérer ses ressources en eau douce (164):
- La gestion de l'eau est fragmentée entre les secteurs et les institutions Trop d'organismes s'occupent de l'eau et il n'existe pratiquement aucune coordination des politiques entre les divers secteurs de l'économie. Souvent, les problèmes de qualité de l'eau et de santé restent sans solution parce qu'ils ne relèvent pas du mandat d'un seul service d'Etat.
- Les gouvernements sont trop tributaires d'une administration centralisée pour établir, faire fonctionner et entretenir les systèmes d'eau. Les organismes chargés de gérer les ressources en eau sont souvent accablés de travail et manquent de compétence technique. En même temps, les parties prenantes et la communauté ne participent guère à l'élaboration des politiques et à la réglementation de l'emploi de l'eau, si bien que les projets ne répondent souvent pas aux besoins de la population.
- La plupart des pays sous-évaluent l'eau douce en tant que ressource et ne la font pas payer à son prix économique. Beaucoup de gros utilisateurs d'eau, par exemple les agriculteurs, reçoivent des subventions de l'Etat qui, en fait, les encouragent à gaspiller de l'eau alors qu'ils ne le feraient sans doute pas autrement. La plupart des gouvernements ont jugé préférable, sur le plan politique, de mettre en valeur de nouvelles sources d'eau au lieu de faire absorber par les gros utilisateurs le coût intégral de l'eau qu'ils leur fournissent.
- Les politiques de gestion de l'eau ne relient pas la qualité de l'eau à la santé humaine et environnementale. Dans la plupart des cas, on fait de l'eau une ressource qu'il s'agit de pomper et d'utiliser aussi souvent et aussi abondamment que nécessaire, quelle que soit sa finalité. Si on ne tient pas compte du rôle clé que l'eau joue dans la santé de l'homme et de l'environnement, il ne faut pas s'étonner que les ressources en eau soient presque partout dégradées.
L'eau douce est un besoin universel : elle assure l'existence de toutes les formes de vie, entretient les écosystèmes naturels et transporte et dilue les déchets. En l'absence d'un approvisionnement assuré en eau douce, les niveaux de vie baissent, la population en pâtit et le développement devient plus difficile. De plus en plus, la durabilité du développement exigera des politiques et des stratégies efficaces qui non seulement économisent et protègent les sources d'eau douce, mais les gèrent de façon équitable pour répondre aux besoins des consommateurs, de l'industrie et de l'agriculture. |