Table des matières
Chapitre
- La prochaine crise de l'eau
- Disponibilités en eau et emploi de l'eau
- Le problème des pénuries d'eau
- Conséquences de la surutilisation et
de la pollution
- La dimensión santé
- Economies d'eau et gestion de l'eau
- Vers une révolution bleue
Faits saillants
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.
Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998 |
Réactions locales
Des initiatives d'origine locale montrent qu'on peut utiliser l'eau de façon beaucoup plus efficace, même dans les régions à pénurie d'eau, qu'elles soient rurales ou urbaines. En outre, quand les collectivités gèrent mieux leurs ressources en eau douce, elles gèrent mieux aussi les sols et les forêts, augmentent la production agricole, et réduisent l'incidence des affections et des maladies. Même quand les administrations municipales n'ont pas réussi à financer une alimentation en eau potable ou à assurer une bonne hygiène, des initiatives émanant de la base ont parfois réussi. On peut citer les exemples suivants :
- Gestion du plateau de Mossi. Dans la principale région agricole du Burkina Faso, le Plateau de Mossi, un groupe appelé les «Six S» (Se Servir de la Saison Sèche en Savanne et au Sahel) encourage depuis la fin des années 1970 une formule intégrée de gestion de l'eau. Ce groupe préconise la mise en place de petits systèmes d'irrigation, en parallèle avec des mesures de reboisement et de lutte contre l'érosion. Il enseigne aux animateurs villageois de nouvelles techniques qui permettent d'économiser de l'eau et de pratiquer des cultures, leur donne des notions fondamentales d'hygiène et les aide à trouver un financement pour la conservation de l'eau (30, 35).
- Riziculteurs de Bali. Depuis 500 ans, les riziculteurs de Bali emploient des techniques d'irrigation à petite échelle. Leur système n'est pas à la pointe de la technique mais utilise de simples barrages de pierres entassées et des canaux de déversement pour collecter l'eau, qui est ensuite amenée dans les rizières en terrasse au moyen de troncs de cocotiers évidés. Ce système traditionnel de distribution de l'eau est assorti d'une structure sociale qui règlemente l'eau que reçoivent les diverses collectivités en fonction de la dimension de chaque rizière (30). Ce système fonctionne bien, une des raisons étant que les femmes, qui font une grande partie des travaux dans les rizières, participent à sa gestion.
- Assainissement urbain à Karachi. Au Pakistan, le Projet pilote d'Orangi, réalisé dans l'un des pires bidonvilles de Karachi, a réussi à doter 600.000 habitants d'un système d'égouts et de latrines couvertes. Ce projet, qui a été réalisé avec un modeste financement externe, a été couronné de succès parce que les animateurs locaux avaient une attitude progressiste et bénéficiaient d'un appui vigoureux de la collectivité. Mais les avantages sont allés au-delà de l'installation de canalisations d'eau. Le projet a également amélioré l'accès à des meilleurs services de santé reproductive et de planification familiale, qui aideront à réduire la future demande d'eau (153).
- Réseaux d'eau potable à Tegucigalpa. Au Honduras, six communautés pauvres de la capitale du pays ont groupé leurs maigres ressources pour conclure avec la compagnie des eaux un accord prévoyant l'installation de canalisations. Ce système est remarquable parce que (1) le prix payé par les ménages a baissé à la suite de l'installation des canalisations, puisque les habitants n'avaient plus à acheter l'eau à des colporteurs, et (2) dans chacune des six communautés, le taux de raccordement des ménages était de 85 % et les consommateurs eux-mêmes payaient les raccordements (153).
Comme le prouve cet exemple, on peut fournir une eau courante propre même dans des quartiers pauvres à un prix que les habitants peuvent payer et que les compagnies des eaux peuvent accepter. Des études effectuées récemment dans un certain nombre de pays montrent que, si on leur donne l'occasion de le faire, les pauvres sont prêts à payer l'eau courante et un bon assainissement. A Onitsha, au Nigéria, par exemple, les ménages pauvres consacraient jusqu'à 18 % de leurs maigres revenus mensuels à l'achat d'eau à des colporteurs ; ce pourcentage est tombé à 5 % quand on a installé des canalisations (153).
Prise de mesures. Les collectivités locales doivent prendre une part active à l'élaboration et à l'exécution des plans de gestion des eaux, si l'on veut que ces aménagements perdurent. Les collectivités pauvres, en particulier, ont obtenu des résultats remarquables pour mettre en place un régime autonome de distribution locale de l'eau, soit dans le cadre de dispositions spéciales avec les compagnies des eaux soit en collaboration avec des vendeurs privés. Il y aussi des collectivités qui ont ouvert des kiosques de vente d'eau, qu'elles gèrent elles-mêmes, ou ont mis en place de petits systèmes autonomes d'adduction d'eau (153).
L'accessibilité à une eau salubre, on l'a dit, encourage une meilleure hygiène des ménages et améliore la santé et le bien-être. L'accès à l'eau doit être aussi proche que possible des foyers et doit être fiable. Les projets visant à relier les conduites d'eau aux ménages pauvres doivent tenir compte du volume d'eau nécessaire, choisir le niveau de technologie approprié et établir le prix de l'eau en fonction des capacités de paiement des abonnés. (153). Les programmes d'alimentation en eau et de santé publique doivent faire une place spéciale à l'éducation sanitaire préventive et encourager l'emploi d'une eau propre pour les soins d'hygiène personnelle et domestique (26, 54). |