Population Reports

Table des matières

        Chapitre
  1. La prochaine crise de l'eau
  2. Disponibilités en eau et emploi de l'eau
  3. Le problème des pénuries d'eau
  4. Conséquences de la surutilisation et de la pollution
  5. La dimensión santé
  6. Economies d'eau et gestion de l'eau
  7. Vers une révolution bleue

Faits saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202-4012, USA.

Volume XXVI, Numéro 1
Septembre 1998

Solutions pour un munde
      qui manque d'eau

La demande d'eau douce augmente au fur et à mesure que les populations deviennent plus nombreuses et consomment davantage d'eau par personne. Or, l'approvisionnement en eau, qui n'est pas infini, est menacé par la pollution. Pour éviter une crise, beaucoup de pays doivent écono-miser de l'eau, réduire la pollution, gérer l'offre et la demande et ralentir la croissance démographique.

Pris, d'une part, entre l'accroissement de la demande d'eau douce et, de l'autre, une offre limitée d'eau de plus en plus polluée, beaucoup de pays en développement sont appelés à faire des choix difficiles. Les populations continuent d'augmenter rapidement. Or, il n'y a pas plus d'eau maintenant sur notre planète qu'il n'y en avait il y a 2.000 ans, quand la population n'atteignait pas 3 % de ses effectifs actuels. Les accroissements de la demande d'eau pour l'agriculture irriguée, pour la consommation domestique (municipale) et pour l'industrie soumettent aux rudes lois de la concurrence l'attribution de maigres ressources en eau entre les régions et entre les diverses catégories d'utilisation.

Aujourd'hui 31 pays, où vit moins de 8 % de la population mondiale, ont des pénuries chroniques d'eau douce. Or, on s'attend à ce que 48 pays aient en 2025 des pénuries d'eau, dont pâtiraient plus de 2.800 millions d'habitants Å soit 35 % de la population mondiale prévue. Parmi les pays qui vont sans doute avoir des pénuries d'eau au cours des 25 prochaines années figurent l'Ethiopie, l'Inde, le Kenya, le Nigéria et le Pérou. Dans d'autres grands pays, comme la Chine, certaines régions ont d'ores et déjà des problèmes chroniques d'eau.

Dans une grande partie du monde, la pollution de l'eau, une élimination déficiente des déchets et la médiocrité de la gestion de l'eau entraînent de graves problèmes de santé publique. Des maladies liées à l'eau, comme le paludisme, le choléra, la typhoïde et la schistosomiase affectent ou tuent chaque année des millions de personnes. La surutilisation et la pollution de l'eau prélèvent aussi un lourd tribut sur l'environnement naturel et posent de plus en plus de risques pour de nombreuses espèces vivantes.

Que peut-on faire ?

Peut-être est-il déjà trop tard pour que certains pays où le manque d'eau va de pair avec une rapide croissance démographique puissent éviter une crise. Beaucoup d'autres pays peuvent échapper à la menace d'une crise s'ils formulent et mettent rapidement en oeuvre des politiques et des stratégies appropriées. Que l'eau serve à l'agriculture, à l'industrie ou aux municipalités, il y a place pour de nombreuses mesures de conservation et pour de meilleures techniques de gestion. Des stratégies d'eau efficaces doivent améliorer non seulement la gestion, mais aussi la demande.

Pour éviter à long terme une catastrophe, il est important par ailleurs d'agir dès maintenant pour ralentir la croissance de la demande d'eau douce en freinant la croissance démographique. A l'heure actuelle, dans beaucoup de pays en développement, des millions de gens veulent planifier leur famille et recourir à la contraception. Les programmes de planning familial ont joué un rôle important dans la santé reproductive des êtres humains et dans la réduction des niveaux nationaux de fécondité. Si on poursuit de tels programmes en les élargissant, on peut aussi aider à assurer que la croissance démographique finira par tomber à des niveaux susceptibles d'être maintenus en fonction de la provision d'eau douce.

Vers une révolution bleue

Le monde a besoin d'une Révolution bleue pour économiser et gérer l'eau douce en présence d'une demande grandissante impu-table à la croissance démographique, à l'irrigation agricole, aux industries et aux villes Å tout comme la Révolution verte a trans-formé l'agriculture durant les années 1960. Une Révolution bleue exigera qu'on coordonne les réactions aux problèmes qui se posent aux niveaux local, national et international.

Des initiatives locales montrent qu'on peut utiliser l'eau beaucoup plus efficacement. Quand les collectivités gèrent efficacement leur eau douce, elles gèrent mieux aussi d'autres ressources naturelles, améliorent l'hygiène, et réduisent l'incidence des maladies. Au niveau national, et notamment dans les régions à forte densité de population qui manquent d'eau, l'adoption d'un principe de gestion d'un bassin versant ou d'un bassin fluvial est une option indispensable pour remplacer une série de dispositifs qui confient la gestion de l'eau à des juridictions séparées sans aucune coordination entre elles. Au niveau international, les pays qui se partagent des bassins fluviaux peuvent mettre sur pied des politiques rationnelles leur permettant de gérer plus équitablement leurs ressources en eau. Les organismes de développement doivent pour leur part veiller davantage à assurer l'approvisionnement en eau douce et la salubrité dans le cadre de leurs programmes de développement et de santé publique.

Un monde qui manque d'eau est essentiellement un monde instable. A l'aube du prochain siècle, les crises provoquées par l'eau dans un nombre de pays de plus en plus élevé empêcheront d'améliorer les niveaux de vie et la santé, entraînant même des risques de véritables conflits à propos de l'accès à d'insuffisantes sources d'eau douce. La recherche de solutions doit désormais être de première priorité.

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