Table des matières

        Chapitres
  1. La terre et sa population
  2. Pollution et risques pour la santé
  3. Nourrir le monde futur
  4. L’eau douce, nerf de la planète
  5. Océans en déclin
  6. Forêts : les poumons de la terre
  7. Biodiversité en danger
  8. Vers un avenir viable

TEMAS PRINCIPALES


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA


Volume XXVIII, numéro 3
Automne 2000
Série M, Numéro 15
Sujets spéciaux

Une fiche d’évaluation environnementale

En 1992, inquiets de voir empirer la situation de l’environnement, les délégués à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), qui s’est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, ont souligné la nécessité de prendre des mesures d’intervention. Le « Sommet de la terre », à Rio, a défini des buts précis pour les améliorations à apporter à l’environnement. Puis, en 1997, une Session spéciale de l’Assem-blée générale des Nations Unies — qu’on a appelée la « Conférence de Rio plus cinq » — a évalué les progrès réalisés en direction de ces objectifs (9, 101, 127, 146, 223, 224, 232). Les conclusions furent décourageantes. Dans des domaines tels que les sols, l’eau douce, les forêts, la biodiversité et le climat, les conditions n’étaient pas meilleures qu’en 1992, ou avaient empiré (222, 223, 227).

Malgré l’abaissement des taux de pauvreté, le nombre de pauvres avait en fait augmenté — en grande partie à cause de la croissance démographique rapide des pays en développement, et d’un développement inégal, marqué par une concentration accrue des richessess (222, 223, 227).

Terres arables. Au début des années 1990, environ 560 millions d’hectares de terres cultivées dans le monde étaient dégradées, sur un total de 1,5 milliard d’hectares. A la fin de la décennie, ce chiffre était passé à environ 610 millions d’hectares (265). Les sols peuvent se dégrader rapidement quand on les travaille trop, ce qui les expose davantage à l’érosion.

Eau douce. Dans le monde, le pourcentage de la population ayant accès à de l’eau pure a augmenté durant les années 1990. Néanmoins, en raison de la rapidité de la croissance démographique, on estime qu’il y a aujourd’hui 1,2 milliard d’êtres humains qui n’ont pas d’eau potable — soit 20 % de plus qu’en 1990 (222, 227, 261,265). En outre, environ 3 milliards de gens ne disposent pas d’installations satisfaisantes d’assainissement, contre 2 milliards en 1990 (227, 261).

Forêts. La moitié de la couverture forestière originelle du monde — plus de 3 milliards d’hectares — a été perdue, surtout durant les cinquante dernières années (25). Le déboisement s’est accéléré depuis 1990. Par exemple, les forêts tropicales sont tombées de 1,7 milliard d’hectares en 1990 à 1,4 milliard en 1999 (263, 265).

Dans l’ensemble du monde, environ 16 millions d’hectares de forêts, soit une superficie à peu près la même que celle du Népal, sont abattues, nivelées ou brûlées chaque année. Dans l’Amazonie brésilienne, le taux annuel de déboisement a augmenté d’environ un tiers depuis 1992 (268, 269).

Biodiversité. D’ores et déjà, les activités humaines ont conduit à l’extinction de nombreuses espèces végétales et animales. Personne n’en connait le chiffre exact, mais on s’accorde généralement à dire que le taux d’extinction va s’accélérer au fur et à mesure que la croissance démographique et le développement intensifient leur pression sur les principaux habitats d’autres espèces (163, 164).

Pollution. La pollution de l’air, qui pose déjà un grave problème dans beaucoup de villes, devient pire quand les populations urbaines augmentent et quand le nombre de véhicules à moteur s’accroît. La pollution de l’eau pose presque partout un grave problème (220). Comme le disent le biologiste Peter Vitousek et ses collègues, l’homme et ses actions risquent de perturber profondément la nature en modifiant dans les écosystèmes les cycles fondamentaux de l’eau, de l’azote, du phosphore et du carbone. C’est surtout en lâchant du gaz carbonique dans l’atmosphère et en détruisant ou en modifiant les ressources biologiques que l’humanité provoque dans l’environnement des changements « rapides, inédits et importants » (247).

Changements climatiques. Au Sommet de la terre, à Rio, en 1992, on se demandait si le climat mondial était effectivement en train de changer. Depuis lors, les preuves se sont accumulées (voir encadré, Réchauffement mondial : signes inquiétants). En 1990, les concentrations de gaz carbonique — gaz qui est en grande partie responsable des changements de climat — dans l’atmosphère atteignaient environ 355 parties par million (135). En 1997, ces concentrations s’élevaient à environ 364 parties par million (233). Depuis 1950, les émissions de gaz carbonique ont quadruplé (21).

Pauvreté. Durant les années 1990, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a augmenté d’environ 1 milliard. En 1990, environ 2 milliards d’êtres humains subsistaient avec l’équivalent de 2 dollars par jour, sinon moins (222). En l’an 2000, ce chiffre était passé à 3 milliards — soit la moitié de la population mondiale (236).


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