Table des matières

        Chapitres
  1. La terre et sa population
  2. Pollution et risques pour la santé
  3. Nourrir le monde futur
  4. L’eau douce, nerf de la planète
  5. Océans en déclin
  6. Forêts : les poumons de la terre
  7. Biodiversité en danger
  8. Vers un avenir viable

TEMAS PRINCIPALES


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA


Volume XXVIII, numéro 3
Automne 2000
Série M, Numéro 15
Sujets spéciaux

Polluants organiques persistants

L’homme est exposé de plusieurs façons aux polluants organiques persistants (POP) — dans ses aliments, surtout sous forme de résidus de pesticide ; dans sa vie professionnelle, comme c’est le cas par exemple des travailleurs agricoles qui pulvérisent des pesticides dans les champs, et de façon accidentelle, par exemple quand des fuites se produisent à l’intérieur de remises (6, 261). Les POP sont des composés organiques qui persistent longtemps dans l’environnement et subissent avec le temps des changements physiques, chimiques et biologiques.

Ce qui rend les POP particulièrement dangereux est le fait qu’ils ont tendance à s’accumuler dans les tissus lipides des animaux et des humains. Ils remontent la chaîne alimentaire, augmentent leur concentration au fur et à mesure qu’un organisme consomme un organisme inférieur et finissent par se loger dans des êtres humains et dans des prédateurs importants tels que les ours polaires et les loups. Une fois dans le corps humain, ils fonctionnent comme des composés stéroïdes, tels que des hormones, provoquant des troubles du système endocrinien. Ces troubles peuvent porter tort à la santé reproductive et entraîner, entre autres effets nuisibles, la stérilité, des tares á la naissance, des cancers et des avortements spontanés (147).

Les POP peuvent aussi parcourir de longues distances dans l’air ou dans l’eau. Les Groenlandais, par exemple, vivent à des milliers de kilomètres de toute source connue du pesti- cide hexachlorobenzène (HCB) mais leur corps contient 70 fois plus de ce polluant que celui des habitants des zones tempérées du Canada (130, 134). On a trouvé les plus fortes concentrations de l’un des trois POP les plus virulents — le polychlorobiphényle (PCB) — chez les Inuits qui vivent à l’intérieur du Cercle arctique. Ces niveaux sont plusieurs fois le centuple de ceux qu’on a observés partout ailleurs (134). On a trouvé de fortes concentrations de ce carcinogène chimique dans la graisse des baleines et des phoques, qui sont d’importantes sources d’aliments pour les Inuits.

Au Danemark, des épidémiologues ont observé que l’incidence du cancer des testicules a triplé en l’espace de 50 ans ; ils attribuent cette augmentation à la prolifération de produits chimiques toxiques tels que les POP dans la chaîne alimentaire (261). Certains pensent que des niveaux élevés de DDT pourraient prédisposer les femmes au cancer du sein (28).

Des négociations mondiales sont en cours visant à interdire ou à limiter sévèrement l’emploi de 12 composés dangereux, qui sont surtout des pesticides. La première réunion internatio- nale organisée pour envisager un traité mondial limitant les POP a eu lieu à Montréal, en juillet 1998. A l’heure actuelle, un traité-cadre est en train d’être négocié sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Il devrait être prêt à la signature à la fin de l’an 2000 (6). En signant ce traité, les pays s’engageront à prendre des mesures concrètes pour éliminer progressivement la production et l’emploi de ces produits chimiques avant une certaine date.

En Erythrée, un paysan pulvérise un insecticide dans ses champs.

R. Faidutti/FAO

En Erythrée, un paysan pulvérise un insecticide dans ses champs. De plus en plus de produits toxiques pénètrent dans la chaîne alimentaire, entraînant de graves conséquences pour la santé humaine. Des négociations mondiales sont en cours pour limiter l'emploi de 12 composés chimiques dangereux, qui sont surtout des pesticides.


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