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TEMAS PRINCIPALES
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, numéro 3 |
Syndrome de détresse environnementaleCes dernières années, les scientifiques se sont de plus en plus inquiétés des effets à long terme de la dégradation des conditions environnementales non seulement sur la santé des humains mais aussi sur la nature elle-même. Comme le fait ressortir Tony McMichael, épidémiologue de l’Institut d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (152) : « On ne se borne plus à dire qu’un accroissement de l’exposition à des dangers exogènes précis est une cause de mauvaise santé. Nous nous rendons également compte que des processus biophysiques naturels qui sont à la base de la durabilité d’une bonne santé ont disparu ou se sont modifiés ». Ceux qui courent un risque accru, selon McMichael, sont les écosystèmes qui conditionnent la productivité alimentaire et des systèmes mondiaux tels que le cycle hydrologique — dans lequel l’eau s’évapore de masses d’eau pour y revenir ensuite sous forme de précipitations — et le « bouclier d’ozone » de la stratosphère, qui protège contre les émissions excessives de rayons ultraviolets. Ces changements de l’environnement entraîneraient toute une série d’effets négatifs pour la santé humaine (voir Tableau 2). Certains écologistes emploient l’expression « syndrôme de détresse environnementale » pour désigner la dégradation de l’environnement et les résultats qui en découlent pour la santé. Paul Epstein, de la Faculté de médecine de Harvard, cite quatre symptômes de ce syndrome (61):
Ces symptômes posent une question troublante : à quel point est-ce que l’épuisement du capital écologique et biophysique du monde sape la santé publique mondiale ? Par exemple, l’OMS a déclaré qu’une récente épidémie de méningite en Afrique subsaharienne pourrait être liée à une expansion des terres agricoles et des pâturages dégradés — à la suite de changements de l’utilisation des terres (moins de couverture végétale) et d’une diminution des pluies imputable au changement du climat régional déclenché par des activités humaines (152). Une étude lie une augmentation prononcée des maladies diarrhéiques chez les enfants péruviens aux changements fréquents et brutaux du schéma météorologique d’El Niño que caractérisent de fortes chutes de pluie et qui s’expliquent par le réchauffement insolite de l’Océan pacifique équatorial. On a lié El Niño à des poussées de dengue, de paludisme et de choléra. Ces changements ont été rendus pires encore par le changement du climat mondial (33) (voir encadré Réchauffement mondial : signes inquiétants). Les organismes qui transmettent des maladies comme le paludisme, la dengue et la schistosomiase sont sensibles à la température, à l’humidité, aux régimes des pluies et aux vents. Des hausses de température ont tendance à accélérer les cycles de vie et à réduire les périodes d’incubation du parasite ou du virus. Ces changements allongent la période durant laquelle les maladies sont transmises et encouragent leur diffusion vers de nouvelles zones (62, 131, 150). Le changement du climat mondial exerce aussi des effets indirects sur la transmission des maladies (150). Par exemple, le réchauffement de la planète ferait augmenter le besoin d’irrigation. Dans les climats chauds, la prévalence de la schistosomiase a déjà progressé, en raison surtout de l’expansion des systèmes d’irrigation et des barrages. Ces systèmes abritent davantage d’hélices aquatiques, hôtes intermédiaires du ver de la schistosomiase et mettent davantage de personnes en contact plus étroit avec les vers (131). |
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