Table des matières

        Chapitres
  1. La terre et sa population
  2. Pollution et risques pour la santé
  3. Nourrir le monde futur
  4. L’eau douce, nerf de la planète
  5. Océans en déclin
  6. Forêts : les poumons de la terre
  7. Biodiversité en danger
  8. Vers un avenir viable

TEMAS PRINCIPALES


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA


Volume XXVIII, numéro 3
Automne 2000
Série M, Numéro 15
Sujets spéciaux

Problèmes environnementaux
des pays à déficit alimentaire

Dans beaucoup de pays à déficit alimentaire et à faible revenu, la situation empire. Les capacités de production alimentaire se dégradent (75). Ces pays se heurtent à un certain nombre de contraintes graves qui les empêchent d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire.

Superficie limitée en terres arables. La plus grande partie des terres fertiles sont déjà cultivées. Les terres non cultivées sont pour la plupart marginales, avec des sols pauvres et des précipitations soit insuffisantes soit trop abondantes. Sans des améliorations technologiques massives ou de gros investissements fournis par l’étranger, les augmentations de production alimentaire dans les pays déficitaires à faible revenu devront avoir lieu sur les terres agricoles existantes — exerçant ainsi des pressions supplémentaires sur leur capacité de production (49, 73).

Au Burkina Faso, comme ailleurs en Afrique,...

Susanne Riveles, Lutheran World Relief

Au Burkina Faso, comme ailleurs en Afrique, les habitants des villages n'ont souvent d'autre choix que de cultiver des terres marginales. Dans beaucoup de pays en développement, les pressions qui s'exercent sur les terres arables, l'eau douce et d'autres res- sources s'intensifient en raison de la croissance démographique.

Amoindrissement des exploitations familiales. Dans la plupart des pays en développement, les exploitations familiales sont subdivisées en parcelles de plus en plus petites avec chaque nouvelle génération d’héritiers plus nombreux. Depuis une quarantaine d’années, une croissance démographique rapide a réduit de moitié la dimension de l’exploitation familiale moyenne. Dans 57 pays en développement étudiés par la FAO au début des années 1990, plus de la moitié de toutes les exploitations avaient moins d’un hectare, c’est-à-dire pas assez pour nourrir la famille rurale moyenne de quatre à six enfants. En Inde, les trois-cinquièmes de toutes les exploitations ont moins d’un hectare (73, 192). Dans l’ensemble du monde, on estime que 420 millions de gens vivent dans des pays où il y a moins de 0,07 hectare de terres cultivées par personne (59).

Au Bangladesh, les exploitations familiales sont subdivisées en...

Gene Thiemann, Lutheran World Relief

Au Bangladesh, les exploitations familiales sont subdivisées en parcelles de plus en plus petites avec chaque génération d'héritiers. Dans l'ensemble des pays en développement, l'exploitation familiale moyenne est la moitié de ce qu'elle était il y a 40 ans.

Dégradation des terres. Les pressions exercées par la population sur les terres arables contribuent à la dégradation des terres, au fur et à mesure qu’on met en culture de nouvelles terres marginales pour nourrir une population de plus en plus nombreuse (23, 49). La dégradation s’étend chaque année sur 5 à 7 millions d’hectares de terres agricoles de plus (73). Quand les sols sont trop travaillés, le vent et l’eau les érodent plus rapidement. Les sols peuvent aussi se dégrader si on se sert de mauvaises techniques d’irrigation et si on utilise mal les produits chimiques agricoles. En outre, dans la plupart des pays en développement, de vastes superficies agricoles sont perdues quand les villes grandissent (voir encadré, Les villes en première ligne).

Près de 2 milliards d’hectares de terres agricoles et de pâturages souffrent d’une dégradation modérée à grave — soit une étendue à peu près égale à la superficie combinée du Canada et des Etats-Unis (14, 52, 73). Dans certains endroits, la couche superficielle fertile est épuisée 300 fois plus vite que la nature ne peut la reconstituer (126). Au Khazakstan, par exemple, près de la moitié des terres agricoles seront perdues d’ici à 2025, si on en croit l’Institut national de gestion des sols (23).

Problèmes d’irrigation. Selon une estimation de la FAO datant de 1995, des systèmes d’irrigation mal conçus et médiocrement construits ont réduit les rendements sur la moitié des terres irriguées (73). L’irrigation est la clé de la production agricole. Bien que seulement 17 % des terres arables soient irriguées, elles fournissent le tiers des approvisionnements alimentaires mondiaux (178).

Environ 70 % de l’eau retirée pour des usages humains sert à irriguer des cultures. Or, moins de la moitié de l’eau retirée à des fins d’irrigation atteint les cultures. La plus grande partie s’infiltre dans des canaux dépourvus de revêtement, ou s’évapore avant d’arriver dans les champs (186). Bien qu’une partie de l’eau « perdue » dans des systèmes d’irrigation peu efficaces revienne dans des cours d’eau ou des aquifères, où on peut la récupérer, les pesticides, les engrais et les sels qui ruissellent en surface compromettent invariablement la qualité de l’eau (104).

En Egypte, des travailleurs draguent un canal d'irrigation.

I. Spanventa/FAO

En Egypte, des travailleurs draguent un canal d'irrigation. Environ 70 % de l'eau retirée aux fins d'utilisation humaine sert à irriguer les champs. Or, moins de la moitié de l'eau retirée pour l'irrigation atteint les cultures

Selon des estimations de la FAO, l’accumulation de sel dans le sol a gravement endommagé 30 millions d’hectares de terres irriguées, sur les 255 millions qui existent dans le monde. La salinisation, conjugée à la saturation par l’eau, affecte une autre tranche de 80 millions d’hectares (73, 186). La surface irriguée pourrait en fait diminuer dans le monde à un moment où elle devrait au contraire augmenter afin de répondre à la demande (23).


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