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TEMAS PRINCIPALES
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA Volume XXVIII, numéro 3 |
Le déclin des océansPlus de la moitié des zones côtières du monde font l’objet de pressions environnementales exercées par la croissance démographique et le développement économique. La montée de la pollution menace les mers. Les pêches côtières et océaniques — qui fournissent la moitié des aliments naturels du monde — sont en train de s’épuiser rapidement. Zones côtièresSelon une étude effectuée en 1995 par le World Resources Institute (WRI) (26, 274), la croissance démographique et le développement exercent sur la moitié environ de toutes les zones cotières des pressions allant de modérées à considérables. Les zones côtières des pays les plus développés — notamment le Japon, l’Australie, les USA, l’Europe et la zone européenne de la Russie — sont dégradées. Les pays en développement sont un peu moins touchés. La moitié environ de la population mondiale occupe une bande côtière large de 200 kilomètres — soit 1 % seulement de la surface de la terre. Les deux-tiers de la population mondiale vivent à une distance de 400 kilomètres de la mer. En raison d’une telle densité de population, près de 70 % des plages mondiales subissent, du fait des activités humaines, une érosion supérieure à la normale (4). L’érosion est un phénomène naturel, mais elle peut empirer si le développement des côtes prend la forme de construction, d’expansion des villes, de dragage du sable et de l’utilisation des récifs de corail comme matériau de construction (102, 230, 255). Les zones humides côtières sont en train de disparaître dans le monde. Environ 182.000 kilomètres carrés de terres humides à palétuviers sont l’habitat de plus de 2.000 espèces de poissons, coquillages, invertébrés et plantes. Durant le siècle dernier plus de la moitié des zones à palétuviers ont été détruites ou dégradées, ont été converties en terres agricoles ou en aleviniers, ou encore ont été victimes du développement urbain et industriel (102). Les herbiers marins disparaissent eux aussi. Ces véritables prés océaniques font vivre toute une série d’espèces de poissons et de coquillages qui ont une importance commerciale. Bien qu’on ne dispose pas d’estimations générales des dégâts qui ont été commis, ces écosystèmes semblent être en train de se réduire dans la quasi-totalité des zones côtières habitées (79).
Récifs de corauxLe développement est en train de détruire la plupart des récifs de coraux du monde. Selon les spécialistes, sur les 600.000 kilomètres carrés de coraux des mers tropicales et semi-tropicales, 70 % pourraient disparaitre d’ici une quarantaine d’années (102, 251). En effet, les récifs de coraux sont enterrés sous des déverses de sédiments, empoisonnés par des produits chimiques et agricoles, réduits en boue par les pêcheurs qui pêchent à la dynamite, endommagés par les ancres des bateaux et par des plongeurs insouciants, exploités comme matériaux de construction et décolorés par l’élévation des températures des océans. Les récifs de coraux apportent de nombreux bienfaits à l’humanité. Ils font vivre plus d’un million d’espèces. Ils fournissent des aires d’alimentation, de reproduction et d’élevage à des poissons et à des coquillages et offrent à l’humanité toute une pharmacopée de produits susceptibles de trouver leur place en médecine. Ils atténuent le choc des vagues et protègent le littoral contre les tempêtes. On a estimé que, de par leur seule fonction de protection, les récifs de coraux valaient $506.000 dollars le mètre carré de côte (40). En 1997, une organisation relevant de l’Université de Hong Kong, Reef Check, a entrepris d’évaluer la situation des coraux dans le monde. Elle a engagé les services de plongeurs professionnels et amateurs pour dresser le bilan de santé de 300 récifs de coraux situés dans 30 pays. Moins du tiers de tous les récifs étudiés avaient une couverture de coraux vivants et en bonne santé (101). Selon une évaluation du WRI datant de 1998, les récifs les plus dégradés du monde se trouvent en Asie du Sud-Est et dans les Caraïbes (24). Peu de gens reconnaissent l’importance des récifs. En Indonésie, par exemple, moins de la moitié des répondants contactés en l’an 2000 estimaient que les coraux étaient une ressource marine. Dans les zones urbaines, moins du tiers des répondants savaient que les récifs de coraux étaient en déclin. Même dans les collectivités côtières, pour lesquelles le poisson est très important, peu de gens établissaient un lien entre des récifs de coraux en bonne santé et la nourriture fournie par la mer (211). |
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