Table des matières
Chapitres
- La terre et sa population
- Pollution et risques pour
la santé
- Nourrir le monde futur
- L’eau douce, nerf de la
planète
- Océans en déclin
- Forêts : les poumons de
la terre
- Biodiversité en danger
- Vers un avenir viable
TEMAS PRINCIPALES
Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA
Volume XXVIII, numéro 3
Automne 2000
Série M, Numéro 15
Sujets spéciaux |
Améliorer l’urbanisme
Des migrations massives et l’accroissement de la densité de population ont fait d’un bon urbanisme et de la gestion de l’environnement urbain à la fois une nécessité et un défi grandissant. Pour être efficaces, l’urbanisme et la gestion des villes exigent une administration locale forte que soutiennent activement des groupements de citoyens (257).
Au Brésil, la ville de Curitiba donne depuis 25 ans l’exemple d’une bonne gestion de l’environnement urbain. La Banque mondiale soutient les efforts de Curitiba depuis les années 1970 (214). Au début, la ville a attribué d’importantes superficies à des squatters pauvres à charge d’y construire des logements bon marché. La ville a fourni les services d’égout et d’eau à un prix que les habitants pouvaient payer (32, 156).
 Paraná Turismo |
Curitiba, au Brésil, donne depuis 25 ans l'exemple d'une bonne gestion
urbaine. L'amélioration de l'urbanisme en présence d'une rapide croissance démographique exige un profond engagement du gouvernement et le soutien de groupements civiques. |
La ville de Curitiba a aussi organisé des transports en commun qui relient
les banlieues au centre-ville par cinq voies principales, construites
comme les rayons d’une roue. Il en est résulté une diminution de la pollution
et une accélération de la croissance économique, puisque la population
pouvait se déplacer sur de plus longues distances pour se rendre au travail
sans qu’un grand nombre de véhicules privés ne créent des embouteillages
sur les routes (32, 156, 171). n outre,
Curitiba a pu aménager le double d’espaces verts recommandés par l’ONU
(32).
Les groupements d’action civique et les organisations non gouvernementales (ONG) peuvent aussi beaucoup faire pour améliorer les conditions de vie. Par exemple, à Orangi, un bidonville de Karachi, au Pakistan, une ONG qui a mobilisé la communauté a pu rattacher 7.000 ménages au réseau
d’égout et de drainage à un coût qui représentait le septième de ce que les services municipaux auraient demandé. L’ONG a aussi aidé à obtenir un emprunt à faible intérêt pour acheter les matériaux de construction (198).
Les administrations municipales peuvent aussi mettre en vigueur les lois qui régissent la pollution de l’air et de l’eau. Presque toutes les villes du monde ont fixé des limites à la pollution de l’air et de l’eau, mais ces règlements sont rarement appliqués. Si on mettait un terme aux dérapages des principaux coupables de pollution, on en tirerait d’importants bénéfices pour la santé. La lutte contre la pollution peut être menée progressivement, de manière à permettre aux industries d’adopter des mesures d’atténuation et de réduire les déchets grâce à des opérations de recyclage ou de réutilisation des produits. Les villes pourraient aussi offrir des avantages fiscaux pour des opérations qui évitent la pollution et font du nettoyage (198).
Dans le monde, les gouvernements dépensent chaque année entre 650 et
900 milliards de dollars pour subventionner des pratiques qui, dans les
domaines de l’agriculture, de l’énergie et des transports, détruisent
l’environnement (47, 196). Il existe une
abondance de subventions gaspilleuses. Les riziculteurs de l’Asie du Sud-Est
irriguent trop leurs rizières parce que des subventions couvrent la plus
grande partie des coûts de l’eau, alors même que le volume d’eau employé
dépasse le taux de recharge naturelle de nombreux aquifères. En Californie,
les chauffeurs créent des embouteillages sur les autoroutes parce que
les contructions et les réfections routières sont plus subventionnées
que les transports en commun. L’Allemagne continue à miner la lignite,
dont l’extraction n’est pas économique et qui pollue beaucoup, afin de
ne pas mettre les mineurs au chômage (47, 195, 196).
Pour remplacer des subventions nuisibles, les gouvernements peuvent envisager les mesures suivantes :
Impôts environnementaux. Si on frappe d’impôts des activités qui portent tort à l’environnement, on peut encourager un emploi plus durable des ressources. En Malaisie, le gouvernement a commencé à lever un impôt sur l’essence au plomb afin de la rendre plus chère que l’essence sans plomb. Grâce à cette mesure, l’essence sans plomb a obtenu plus de 60 % du marché. De même, le Costa Rica a imposé un droit de 15 % sur les produits pétroliers pour faire payer aux chauffeurs une partie des frais de construction des routes (195).
Permis négociables. On peut aider à réduire le gaspillage en mettant en place un régime de permis qui limitent l’exploitation des ressources publiques. Par exemple, le Chili a vendu aux enchères des permis qui règlementent les pêcheries, ainsi que l’emploi de l’eau pour l’irrigation. Presque toutes les pêcheries de la Nouvelle-Zélande sont réglementées par des systèmes de permis qui, entre autres choses, limitent le nombre de navires qui peuvent pêcher et limitent aussi les catégories de poissons qu’ils peuvent prendre.
Les Etats-Unis donnent l’exemple de permis négociables permettant de
freiner les émissions de dioxyde de soufre, principal ingrédient de la
pluie acide. Ce système, mis en place en 1990, limite, après l’an 2000,
les émissions de soufre à la moitié de leur niveau de 1980. Les entreprises
qui ramènent la pollution en deçà des normes de l’industrie peuvent vendre
des crédits aux entreprises qui dépassent les limites. L’initiative a
créé une industrie qui vend 1,2 milliard de dollars par an de crédits
de pollution et a encouragé les entreprises à réduire leurs émissions
de soufre (195, 196).
Fixation d’un prix approprié. Tous les gouvernements devraient avoir pour but de réduire progressivement les subventions qui encouragent le gaspillage de ressources. La fixation d’un prix approprié est une étape essentielle de la gestion des ressources naturelles, comme elle l’est pour d’autres secteurs. Une étude de trois pays exportateurs de pétrole — Algérie, Iran et Nigéria — a constaté que l’élimination des subventions des usages domestiques et la fixation du prix interne du pétrole au niveau mondial améliorent l’efficacité de l’emploi du pétrole dans le pays, ce qui permet d’économiser de 10 % à 18 % de la production courante, qui peut alors être vendue à l’étranger (147). |