Table des matières

        Chapitres
  1. La terre et sa population
  2. Pollution et risques pour la santé
  3. Nourrir le monde futur
  4. L’eau douce, nerf de la planète
  5. Océans en déclin
  6. Forêts : les poumons de la terre
  7. Biodiversité en danger
  8. Vers un avenir viable

TEMAS PRINCIPALES


Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA


Volume XXVIII, numéro 3
Automne 2000
Série M, Numéro 15
Sujets spéciaux

Réalisation de la deuxième Révolution verte

Durant les années 1960, la Première Révolution verte en agriculture a aidé la production alimentaire à suivre la cadence de la croissance démographique. Comme cette dernière s’est poursuivie, la Révolution verte n’a été qu’une « réussite temporaire », à déclaré Norman Borlaug, l’un de ses architectes, quand il a accepté le Prix Nobel de la Paix, en 1970. Aujourd’hui, au moment où la population s’approche de la barre de 8 milliards d’habitants en 2025, une deuxième Révolution verte devrait être centrée sur les cultures vivrières pratiquées par les 2 milliards d’habitants qui n’ont aucune sécurité alimentaire (voir Chapitre 3). Elle devrait s’attacher à améliorer les rendements non seulement des trois grandes cultures — riz, maïs et blé — mais aussi ceux de produits tels que le sorgho, le millet, et le manioc (73, 75).

Une plantation de manioc dans le Nord-Est de la Thaïlande.

D. Hinrichsen

Une plantation de manioc dans le Nord-Est de la Thaïlande. Une deuxième Révolution verte devrait être centrée sur les cultures que pratiquent les pauvres.

Le Sommet mondial de l’alimentation, qui s’est tenu à Rome en 1996, a également recommandé les mesures suivantes afin d’améliorer l’agriculture :

Amélioration des rendements sur les terres marginales. Malgré leur qualité médiocre et le manque d’eau, beaucoup de terres marginales peuvent être exploitées avec succès. Par exemple, l’Institut international d’agriculture tropicale a proposé de remplacer de façon durable les cultures sur brûlis par le « culture en couloirs » . Si les produits sont bien choisis, la culture en couloirs peut faire considérablement augmenter les rendements sur les sols pauvres de régions accidentées, réduisant d’autant le besoin de défricher des forêts pour pouvoir pratiquer des cultures (114). La notion est simple : on plante des légumineuses, comme le mucuna, entre des rangées de cultures vivrières, comme les pois et les haricots. Les légumineuses aident à maintenir le sol en place et à améliorer la teneur en éléments nutritifs tout en empêchant les adventices de prendre racine.

Expansion de l’aquaculture. Quand on a fait l’essai de l’élevage de poissons destinés à la consommation locale ou régionale, les résultats ont été remarquables. Cependant, à moins que les exploitations ne soient bien gérées, elles peuvent contribuer à la pollution côtière, par le biais d’une mauvaise élimination des déchets et d’un surpeuplement (77, 99).

Redécouverte d’aliments oubliés. Une autre façon d’obtenir la sécurité alimentaire consiste à cultiver des plantes alimentaires traditionnelles qu’a négligé l’agriculture moderne. L’amaranthe et le quinoa, deux haricots cultivés par les Aztèques du Mexique et les Incas du Pérou, en sont des exemples. Ces deux céréales sont adaptables et nutritives ; elles renferment plus de protéines de qualité supérieure que la plupart des autres céréales commerciales, y compris le maïs et le riz. En outre, elles poussent toutes deux dans des conditions difficiles. L’amaranthe prospère dans des climats chauds, tandis que la quinoa résiste à la gelée et peut se cultiver à haute altitude (257).

Augmentation des rendements. Certains pays améliorent les rendements agricoles grâce à de nouvelles formules qui emploient de faibles niveaux d’intrants. On peut citer en exemple la fertilisation avec des déchets animaux au lieu de produits chimiques, le recyclage d’éléments nutritifs, la conservation de l’eau et le choix de diverses cultures qui conviennent mieux aux conditions du sol et au climat (73, 75).

Une autre technique est celle de la gestion intégrée des ravageurs (GIR). La GIR emploie plusieurs stratégies connexes : préservation des prédateurs naturels des ravageurs, emploi de variétés de graines qui résistent aux ravageurs, et réduction draconienne des quantités de pesticides. Cette méthode a permis de faire augmenter les rendements tout en réduisant l’emploi de pesticides et d’engrais (73).

Démarginalisation des femmes agriculteurs. Dans beaucoup de pays en développement, les femmes produisent 80 % à 90 % de tous les aliments consommés localement. Les femmes agriculteurs doivent avoir meilleur accès au crédit, aux services de vulgarisation agricole et à la formation technique (72, 188, 219, 241).

Gestion des zones côtières et
des pêcheries océaniques

Une meilleure gestion des côtes peut aider à protéger des écosystèmes tels que les forêts de palétuviers, les lits de zostères et les récifs de coraux ; elle peut protéger les côtes contre le surdéveloppement et peut préserver les pêcheries et la biodiversité marine. Les initiatives ci-après sont prometteuses :

  • Le Programme des mers régionales du PNUE a besoin d’un soutien international et régional. C’est l’un des rares mécanismes en place qui permettent aux états côtiers qui se partagent une zone maritime de collaborer les uns avec les autres à propos de questions de gestion.
  • L’Initiative internationale pour les récifs de coraux, lancée en 1996 par huit pays, mérite de recevoir une priorité élevée de la part des ONG, des organismes de financement et du système de l’ONU. Cette initiative est l’un des meilleurs exemples de coopération internationale et intergouvernementale visant à freiner le déclin des ressources côtières du monde.
  • Le Code de conduite des pêcheries responsables, que la FAO a lancé en 1995, a besoin de l’aval des pays de pêche et de lois nationales qui le mettent en vigueur. Le code concerne, entre autres, la gestion et le fonctionnement des pêcheries, le développement de l’aquaculture et de la mariculture, et l’intégration de la gestion des pêcheries dans les programmes de gestion des zones côtières. Plus de 60 pays de pêches ont accepté ce code volontaire, qui requiert dans chaque pays une base juridique (149).
  • L’accord de l’ONU sur les stocks de poissons chevauchants et de poissons grands migrateurs, que la FAO a proposé en 1995, prescrit une attitude de prudence à l’égard de la gestion des pêcheries tant à l’intérieur qu’au-delà des Zones économiques exclusives (ZEE). Cependant, en 1999, sur les 20 principaux pays de pêche, 4 seulement l’avaient ratifié. Il exige 30 signatures pour entrer en vigueur (149).
  • La Convention sur le Droit de la mer, qui est entrée en vigueur en novembre 1994, pourrait devenir un mécanisme plus efficace pour réglementer les activités le long des côtes ou près de celles-ci. Elle permet aux Etats côtiers de gérer leur ZEE de 200 milles marins. Ces Etats doivent adopter et appliquer des mesures de restriction des pêcheries, sauvegarder les zones de diversité biologique, protéger une plus grande superficie maritime et adopter et appliquer des lois qui protègent les eaux littorales contre la pollution venue de la terre (102).

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