Table des matières
Chapitres
Faits saillants
![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Urbanisation du monde en développementComme nous l’avons noté, la majeure partie de la population urbaine du monde — tout comme la plus grande part de la population mondiale dans son ensemble — vit dans les pays en développement. En 2000, par exemple, la Chine comptait 464 millions de personnes habitant dans des zones urbaines, l’Inde 279 millions et le Brésil 138 millions — autant pour ces trois pays que pour la totalité du monde industrialisé (131). A l’exception de l’Amérique latine, le monde en développement reste cependant beaucoup moins urbanisé que les pays industrialisés. Dans celle-ci, en effet, tout comme dans les pays industrialisés, 75 % environ de la population vit dans des zones urbaines. Selon les prévisions des Nations Unies, une part encore plus grande — 84 % — sera urbanisée d’ici à 2030. Si l’on prend les pays en développement dans leur ensemble, 40 % de la population vit actuellement dans des zones urbaines, chiffre qui, selon les projections, passera à 56 % d’ici à 2030. Chaque région en développement devrait alors avoir une population à majorité urbaine (131).
Le niveau et la rapidité de ce phénomène varieront beaucoup entre régions et pays en développement (131). La région déjà urbanisée constituée par l’Amérique latine et les Caraïbes ne devrait enregistrer qu’une augmentation de 217 millions de citadins au cours des 30 prochaines années. Par contre, la Chine en aura plus de 1,3 milliard de plus (124, 131). Selon les prévisions, les zones urbaines de l’Inde connaîtront un accroissement de population de 97 millions de personnes, celles du Pakistan de 86 millions et celles du Bangladesh de 64 millions (131). D’ici à 2030, l’Afrique, qui devrait compter 787 millions de citadins, ne sera précédée que par l’Asie (2,7 milliards de personnes) pour l’importance de sa population urbaine (Voir Tableau 2). Certains chercheurs affirment qu’en raison des économies déprimées de cette région, l’urbanisation s’est ralentie ces dernières années en Afrique sub-saharienne. L’écart constaté entre les revenus urbains et ruraux s’est réduit ou a même été inversé dans les années 1970 et 1980 (26, 38, 58—60). Il s’en est suivi un déclin de l’exode rural et certaines personnes qui avaient migré vers les villes sont retournées dans les campagnes (91). Les prévisions des Nations Unies concernant l’Afrique, qui indiquent une croissance urbaine continue, ne reflètent pas ces récentes tendances économiques et démographiques (92, 105, 114). Qu’il y ait ou non urbanisation de l’Afrique sub-saharienne, comme l’ONU le prévoit, les économies déprimées de cette région ont des conséquences graves pour ses zones urbaines et leurs habitants (1371) Expliquer la croissance urbaine. Les établissements humains s’étendent et deviennent urbains pour différentes raisons. La vallée supérieure de Rio Negro et de Neuquén, en Argentine, est passée de 5 000 à 400 000 habitants entre 1900 et 1990, dont plus de 80 % vivant en milieu urbain parce que cette région a connu une plus grande prospérité due aux exportations agricoles. Par opposition, Cuautla, au Mexique, s’est transformée de petite ville marché en une agglomération de plus de 120 000 habitants à cause du tourisme (132). Alors que les raisons qui expliquent la croissance urbaine et ses caractéristiques peuvent être très différentes, le rapide accroissement démographique urbain constaté dans les pays en développement est le résultat de trois facteurs essentiels : (1) l’exode rural et la migration en provenance d’autres zones urbaines, (2) l’accroissement démographique naturel (naissances moins décès) chez les citadins et (3) le reclassement de zones précédemment rurales en zones urbaines à la suite d’une concentration de population et du changement de leur caractère. L’exode rural tend à jouer un rôle plus important que l’accroissement naturel de la population des zones urbaines lors des phases initiales de l’urbanisation d’un pays. Mais au fur et à mesure qu’une part plus importante de l’ensemble de la population vit dans les villes, l’accroissement démographique naturel finit par devenir plus important que la migration (63, 158). Si celui-ci se ralentit, l’exode rural peut de nouveau jouer un rôle dominant dans la croissance de la population urbaine — par exemple s’il y a expansion rapide des possibilités économiques dans les zones urbaines alors que ce n’est pas le cas dans les zones rurales (15). En raison du nombre tellement important de personnes passant des campagnes dans les villes, l’accroissement démographique dans les zones rurales est pratiquement de zéro. Parmi les régions du monde, seules l’Afrique et l’Océanie connaîtront à l’avenir une augmentation de leurs populations rurales. Par contre, celle de l’Asie devrait fléchir pour passer d’environ 2 297 millions en 2000 à 2 271 millions en 2030 (Voir Table 2). Mais certains pays de ce continent devraient cependant continuer à enregistrer une croissance de leur population rurale, dont le Bangladesh, l’Inde, le Népal et le Pakistan (131). Les êtres humains continueront à quitter les zones rurales pour s’installer dans les centres urbains afin d’échapper aux mauvaises conditions de vie dans les campagnes (facteurs de poussée). Dans le même temps, de nombreuses zones urbaines attireront toujours les habitants des zones rurales parce qu’elles offrent en général davantage de possibilités (facteurs d’attraction).
Parmi les raisons qui poussent les gens à quitter la campagne on peut citer une détérioration de la quantité et de la qualité des terres agricoles, une infrastructure de marché déficiente et l’absence d’institutions de soutien, telles que des sources de crédit pour les petits exploitants agricoles. En Amérique latine, une distribution inégale des terres — il s’agit principalement de l’héritage du colonialisme, mais aussi de la commercialisation du secteur de l’agriculture — a poussé de nombreux habitants des zones rurales à venir s’installer dans les villes (63). Au nombre des facteurs qui attirent les personnes vers les zones urbaines figurent l’accès à de meilleurs emplois, à l’éducation et aux soins de santé, et des conditions de vie supérieures. Les grandes villes en particulier sont des centres économiques. Bangkok, par exemple, ne rassemble à elle seule que 12 % de l’ensemble la population thaïlandaise, mais sa contribution au produit intérieur brut du pays atteint 38 % (137). La plupart des plus grandes villes du monde offrent des niveaux de vie plus élevés que les centres urbains moins importants ou les zones rurales, y compris une espérance de vie plus longue et un accès à de l’eau courante, à l’assainissement, aux écoles et aux soins de santé pour un plus grand nombre de personnes (48, 105). Les niveaux de vie dans les grandes zones urbaines sont en moyenne plus élevés en raison de leurs économies d’échelle concernant l’infrastructure et la prestation de services de base. De fortes densités de population réduisent les coûts de l’approvisionnement en eau propre, des services d’assainissement, de la collecte des ordures, de l’électricité et des télécommunications par habitant (84). Un bon nombre de grandes villes ont réussi à attirer les investissements d’entreprises pour des raisons similaires (105). Dans la mesure où une part croissante des personnes se rendant des zones rurales vers les zones urbaines décident de s’installer dans des villes plus petites — qui offrent en général des conditions de vie inférieures et moins de possibilités que les grands centres urbains —, on peut s’attendre à ce que les niveaux généraux de pauvreté augmentent à moins que l’on puisse rapidement faire quelque chose pour améliorer la situation dans les petites agglomérations. L’un des grands défis que l’urbanisation aura à relever consistera à faire passer les bénéfices tirés du développement des grandes villes aux centres urbains moins importants, principalement par une décentralisation efficace et le transfert de ressources et des pouvoirs du niveau central au niveau local. Un grand nombre de zones urbaines plus petites peut tirer avantage de l’accès à des ressources importantes, d’un emplacement favorable et des progrès enregistrés dans les systèmes de transport et de communication pour rester compétitives vis à vis des grands centres urbains dans le contexte de l’économie mondiale (68). 1 1 Les prévisions relatives à la croissance urbaine en Afrique sub-saharienne souffrent aussi du manque de recensement récent et fiable dans de nombreux pays (92, 105, 114). L’ONU base ses projections à ce sujet pour certains pays non pas sur des tendances récentes, mais sur des extrapolations faites à partir de taux de croissance urbaine enregistrés durant les années pour lesquelles il existe des données de recensement. Par exemple, sur les 53 pays africains figurant dans le UN World Urbanization Prospects 1992 Revision, 31 seulement ont effectué un recensement depuis 1980. Pour les autres, les estimations portant sur l’urbanisation sont basées sur des recensements effectués dans les années 1970 et même des années 1960 pour trois d’entre eux (95). |
![]() |
Information & Knowledge for Optimal Health (INFO) Project 111 Market Place Suite 310, Baltimore, MD 21202 Phone: 410-659-6300 Fax: 410-659-6266 Security & Privacy Policy Disclaimer: The information provided on this web site is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government. |
![]() |