Table des matières
Chapitres
Faits saillants
![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Les pauvres des zones urbainesDans les pays en développement, la plupart des pauvres vivent dans les zones rurales (140), mais la pauvreté urbaine est elle aussi très prévalente et ne fait qu’augmenter. Selon la Banque mondiale, dans le monde entier, 30 % des pauvres vivent dans les zones urbaines. Ce pourcentage devrait passer à 40 % d’ici à 2020 et, selon les prévisions, en 2035 la moitié des pauvres du monde devraient vivre dans les villes (96). Selon une estimation prudente de la Banque mondiale, en 1988 quelques 330 millions de pauvres du monde en développement vivaient dans des zones urbaines avec moins de 1 dollar US par jour (1512) En 2000, ce chiffre est passé à 495 millions de personnes (153). Dans plus de la moitié des pays en développement pour lesquels on dispose de données sur la pauvreté telle qu’elle est définie par ces derniers eux-mêmes, au moins un citadin sur cinq vit en dessous du seuil national de pauvreté (157) (Voir Table 3).3 L’Afrique sub-saharienne a les niveaux de pauvreté urbaine parmi les plus élevés au monde, atteignant plus de 50 % chez les citadins du Tchad, du Niger et de la Sierra Leone. En ce qui concerne l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, ces niveaux se situent à 20 % ou moins. En Asie, les pourcentages les plus élevés sont enregistrés en Inde (30 %) et en Mongolie (38 %). En Amérique latine et dans les Caraïbes, les chiffres relatifs à la pauvreté urbaine varient énormément d’un pays à l’autre, allant de 8 % pour la Colombie à 57 % pour le Honduras (157) (Voir Table 3). Il faut interpréter avec circonspection les statistiques basées sur le revenu ; la véritable portée de la pauvreté urbaine est plus importante qu’elles ne le laissent entendre. Les niveaux de celle-ci, estimés sur la seule base du revenu, ne tiennent pas compte de façon adéquate du plus grand nombre de personnes affectées par des facteurs d’appauvrissement tels que le manque de logements adéquats et d’eau propre et l’absence d’assainissement (74, 89, 132). Qui plus est, la pauvreté urbaine se révèle souvent plus débilitante que celle que l’on trouve dans les zones rurales car, dans les villes, l’accès à pratiquement tous les biens et services dépend d’un revenu monétaire, sans compter que les services habituellement fournis gratuitement par le gouvernement dans les zones rurales, tels que la scolarisation, entraînent des frais pour les ménages urbains — par exemple, frais scolaires et dépenses couvrant les uniformes, les livres scolaires et le transport (3, 104). Les citadins sont obligés d’acheter la majeure partie de leur nourriture alors que les habitants des campagnes cultivent une bonne partie de ce qu’ils mangent et les prix des denrées alimentaires sont aussi souvent plus élevés dans les zones urbaines que dans les campagnes. Les ménages urbains dépensent entre 60 et 80 % de leur revenu pour leur alimentation (101) et paient jusqu’à 30 % de plus pour celle-ci que les foyers ruraux (1).
Insuffisance des revenusDe nombreux pays en développement ont connu des crises économiques lors des années 1990 (156). Par voie de conséquence, la pauvreté s’est accentuée car les salaires ont baissé alors que les prix des biens et services ont, eux, augmenté. Avec le dérapage des salaires, les personnes achètent moins et la chute de la demande en biens et services entraîne la mise au chômage d’un plus grand nombre de salariés. Les dirigeants de centres urbains et de gouvernements centraux de plusieurs pays d’Asie ont indiqué que la crise que traverse la région affecte particulièrement les économies urbaines. En raison de la demande plus faible en produits manufacturés, transports et autres services, les travailleurs des villes ont perdu leurs emplois et leur revenu. En outre, à cause la baisse de la valeur des monnaies, les prix des denrées alimentaires, des services publics et des produits de consommation essentiels qui doivent être importés ont augmenté (3). La plus grande partie de la pauvreté urbaine est cependant due non pas tant au chômage qu’au manque d’emplois bien rémunérés et stables. Le taux de chômage proprement dit est relativement faible dans les zones urbaines de la plupart des pays en développement (41, 100). Par exemple, dans 155 villes de pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête à ce sujet, les trois quarts avaient des taux de chômage de 15 % ou moins (157). La pauvreté s’est néanmoins accrue car un moins grand nombre de personnes peut trouver des emplois stables assortis de salaires adéquats. Les conditions économiques empirant, un pourcentage croissant de personnes passe du travail dans l’économie officielle à celui du secteur informel. Dans 30 des 40 pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête effectuée en 1999 par l’Organisation internationale du travail (OIT), plus d’un tiers des emplois dans les zones urbaines provenait du secteur informel. Leurs taux allaient de 15 % en Turquie à 84 % en Ouganda. La participation au secteur informel dans les centres urbains a été la plus importante dans les pays de l’Afrique sub-saharienne, où les taux dépassent 50 % dans les deux tiers des pays ayant participé à cette enquête (56). Les emplois offerts dans le secteur informel sont moins garantis et les salaires y sont plus faibles que pour ceux des produits manufacturés et autres que l’on peut trouver dans le secteur officiel (2, 28, 56). Le secteur informel est constitué par de petites entreprises qui ne sont pas constituées en sociétés et sont la propriété de ménages, où l’emploi est intermittent et basé davantage sur les relations familiales ou personnelles et sociales que sur des arrangements contractuels (56). Dans ce secteur informel, les pauvres des zones urbaines ont des emplois divers — par exemple, vendeurs à la sauvette et petits commerçants ; chauffeurs de taxi et autres formes de petit transport ; services aux personnes, comme cireurs de chaussures ; services de sécurité, comme gardiens de nuit ou de places de stationnement ; services de nettoyage, sans compter les personnes qui mendient et les travailleurs du sexe (14, 28, 37, 101). Ces différentes activités ont des traits communs : statut bas, faibles salaires, longues heures et conditions de travail souvent dangereuses et peu sûres. 2 2 Aux fins de comparaisons internationales, la Banque mondiale a fixé le seuil de pauvreté à un dollar par jour et par personne (157). 3 3 Les pays en développement fixent souvent eux-mêmes leur propre seuil de pauvreté, qui est habituellement défini comme étant le revenu nécessaire pour l’achat d’une quantité déterminée de produits d’alimentation et quelques autres articles essentiels (138). |
![]() |
Information & Knowledge for Optimal Health (INFO) Project 111 Market Place Suite 310, Baltimore, MD 21202 Phone: 410-659-6300 Fax: 410-659-6266 Security & Privacy Policy Disclaimer: The information provided on this web site is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government. |
![]() |