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![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Pollution et santéDe nombreux décès et bien des maladies survenant chez les pauvres qui vivent dans les zones urbaines sont causés par la pollution. Dans les pays en développement en particulier, l’approvisionnement des villes en eau est souvent contaminé par des déchets et l’eau propre est rare. Bon nombre de grandes villes des pays industrialisés comme de ceux en développement sont couvertes d’un voile de pollution atmosphérique. La pollution de l’air en intérieur est aussi prévalente non seulement dans les zones rurales de nombreux pays en développement, mais aussi dans les zones urbaines. Eau et assainissementL’urbanisation peut faire monter en flèche la consommation d’eau douce par habitant. Un accroissement démographique rapide et une urbanisation accélérée, en tandem avec de maigres ressources en eau et un mauvais assainissement, font que les gouvernements se trouvent souvent dans l’incapacité de fournir suffisamment d’eau pour répondre à la demande (150). Selon une étude effectuée par l’OMS et l’UNICEF, le nombre de citadins n’ayant pas accès à des sources d’eau améliorées est passé de 113 millions en 1990 (5 % de l’ensemble de la population urbaine) à 173 millions en 2000 (6 % de cette même population) (Voir Tableau 4). Ces deux organisations définissent « les sources d’eau améliorées » comme étant meilleures que les précédentes. Ce terme ne signifie cependant pas nécessairement qu’elles puissent être utilisées sans risque par les ménages (150). L’eau est souvent rare dans les zones urbaines des pays en développement. Par exemple, seuls 23 % des 1,8 millions de citadins de la Sierra Leone avaient accès à de l’eau courante en 2000 (150). Qui plus est, l’approvisionnement en eau est intermittent dans au moins un tiers des villes d’Afrique et d’Amérique latine et la moitié de celles d’Asie (150). La plupart des habitants de Mombasa, au Kenya, ont par exemple l’eau courante dans leurs habitations, mais elle ne coule que trois heures par jour en moyenne (44, 136). Lorsque les approvisionnements en eau courante sont irréguliers, les personnes se tournent vers d’autres sources qui sont habituellement plus chères ou présentent plus de risques au plan santé (150). Diverses sources de contamination polluent souvent l’eau fournie dans les villes, dont les décharges de déchets industriels non retraités, les infiltrations dues aux dépôts d’ordures dans les eaux de surface ou souterraines, un traitement inadéquat des effluents et une mauvaise gestion des déchets solides (9). Rares sont les villes des pays en développement qui possèdent des réseaux de tout-à-l’égout adéquats et ceux-ci sont le plus souvent limités aux quartiers plus riches. Il est tout aussi rare que les eaux usées soient purifiées et recyclées dans des centres de retraitement. En Asie, par exemple, ces centres de retraitement ne traitent qu’environ 35 % des eaux usées et ce chiffre tombe à 14 % à peu près en Amérique latine et aux Caraïbes (150). Dans le monde, les deux tiers des déchets des zones urbaines sont pompés sans être traités dans des lacs, des rivières ou les eaux côtières (160). Un nombre encore plus faible de personnes a accès à des installations d’assainissement améliorées qu’à un meilleur approvisionnement en eau. On a enregistré une légère augmentation dans ce domaine entre 1990 et 2000 (Voir Tableau 4), mais celle-ci n’a fait que rester au niveau de l’accroissement démographique (150). Selon l’OMS, près des deux tiers des populations urbaines des pays en développement n’ont pas accès à un assainissement adéquat et n’ont ni toilettes avec chasse d’eau, ni latrines saines ou pas même un trou pouvant être couvert (160).
Maladies à support hydriqueEnviron 2,3 milliards de personnes du monde entier souffrent de maladies qui sont liées à des problèmes d’eau (67, 126, 160). Les maladies à support hydrique tuent chaque année des millions de personnes, empêchent des millions d’autres de vivre en bonne santé et sapent les efforts faits en matière de développement (79, 82). Près de la moitié des citadins d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sont atteints d’une ou de plusieurs maladies associées à un approvisionnement en eau et à un assainissement inadéquats (162). Parmi les maladies à support hydrique figurent les diarrhées, la schistosomiase, le trachome, l’ascaridiose, la trichocéphalose et l’ankylostomiase (93). Parmi celles-ci, les maladies diarrhéiques, qui sont les plus courantes, sont responsables de 90 % des problèmes de santé liés à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement (53). On estime qu’il y a chaque année 4 milliards de cas de ces maladies, provoquant entre 3 et 4 millions de décès, essentiellement chez les enfants (82, 144, 148, 152). D’autres maladies, comme le choléra, peuvent devenir endémiques en cas de mauvaise hygiène alimentaire, du manque d’assainissement ou de consommation d’eau non potable (160). |
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