Table des matières
Chapitres
  1. Un avenir urbain
  2. Les pauvres des zones urbaines
  3. Pollution et santé
  4. Impact sur l’environnement
  5. Comment assurer le bon fonctionnement des zones urbaines
Faits saillants

Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXX, Numéro 4,
Automne 2002
Série M, Numéro 16
Sujets spéciaux

Comment assurer le bon
        fonctionnement des zones urbaines

Avec l’augmentation inévitable de la population des zones urbaines des pays en développement au cours des 25 années à venir, les gouvernements et la population devront faire face à un problème croissant : comment assurer le bon fonctionnement des régions urbanisées (13, 80). Selon le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN-Habitat), les villes vont se transformer de plus en plus en « banc d’essai du bien-fondé des institutions politiques, du travail accompli par le gouvernement et de l’efficacité des programmes de lutte contre l’exclusion sociale, de protection et de réparation de l’environnement et de promotion du développement humain » (137).

Rares sont les zones urbaines qui sont actuellement équipées de façon à pouvoir relever ce défi (129, 136, 137). La Commission mondiale pour l’environnement et le développement a indiqué en 1987 que « sur une période de dix ans, le monde en développement va devoir accroître de 65 % sa capacité de production et de gestion de son infrastructure urbaine, ses services et ses structures d’hébergement — simplement pour maintenir les conditions actuelles » (159). Cet objectif n’a pas été atteint (128).

En fait, la population de nombreuses zones urbaines s’accroît avec une telle rapidité que leurs économies, leurs services et leur infrastructure ne peuvent pas suivre (12). La plupart des pays en développement ne disposent pas des ressources et des capacités nécessaires pour leur permettre de résoudre de si tôt les problèmes complexes et considérables de leurs zones urbaines. Ceci n’empêche cependant pas bon nombre d’entre eux de prendre des mesures qui leur permettraient de mieux les régler. Ils peuvent, entre autres, améliorer la gouvernance des villes, améliorer les bidonvilles existants et fournir des solutions de remplacement à la création d’autres structures de même nature, réduire la pollution et mieux gérer l’élimination des déchets.

Cuernavaca, Mexico

Ilene Chupnick

Cuernavaca, au Mexique. L'accroissement de la population dans les zones urbaines exige une amélioration de la gouvernance, un renforcement de la participation communautaire et un renforcement de l'assistance fournie aux plus démunis.

Amélioration de la gouvernance urbaine

La gouvernance représente beaucoup plus que le gouvernement à proprement parler. Elle porte non seulement sur l’organisation et les relations entre les institutions politiques et administratives, mais aussi sur les rapports entre le gouvernement, les institutions privées et la société civile (105, 142). L’ONU définit la gouvernance comme étant « la somme des moyens par lesquels les particuliers et les institutions, aussi bien publiques que privées, planifient et gèrent leurs affaires communes » (137).

Comment améliorer la gouvernance urbaine ? Un nouveau consensus apparaît dans le monde entier, selon lequel les gouvernements nationaux ne devraient pas conserver le contrôle direct de l’aménagement et de la gestion des zones urbaines, mais qu’ils devraient plutôt agir en tant que facilitateurs, créant les environnements législatifs et administratifs dans lesquels une vaste gamme de gouvernements locaux, de sociétés du secteur privé et d’organisations communautaires peuvent fournir l’infrastructure et les services qui leur sont nécessaires (137). Ils peuvent par exemple se concentrer sur l’obtention d’investissements étrangers favorables, encourager les transferts de technologie appropriée, lancer des initiatives conjointes des secteurs public et privé visant à assurer le logement et les services de base et fixer les normes relatives à l’environnement (25).

La décentralisation des pouvoirs, de l’autorité et des responsabilités du gouvernement national au profit des élus locaux peut accentuer la participation locale et encourager l’usage des pratiques démocratiques. Elle peut aussi rendre plus efficace la mise en œuvre de la politique et donner lieu à des directives et programmes qui sont plus efficaces tout en répondant mieux aux préférences et aux besoins de la population locale (33, 40, 85, 137).

Le succès de la décentralisation exige en général que trois conditions soient remplies. En premier lieu, les autorités nationales et des états doivent transférer les pouvoirs budgétaires au niveau municipal (51, 110, 136, 156). Dans la plupart des pays, les principales sources de revenus municipaux sont les taxes locales et les transferts du gouvernement central aux collectivités locales (137). Les officiels des sphères supérieures de l’administration hésitent cependant souvent à transférer ces ressources financières aux niveaux inférieurs (85). Sans ces revenus d’importance capitale, les municipalités voient leur fonctionnement entravé.

Deuxièmement, il faut renforcer les capacités administratives des gouvernements locaux. Ceux-ci n’ont souvent pas l’expérience des autorités nationales. Il se peut que les responsables locaux et leurs employés aient besoin d’une formation dans des domaines tels que la comptabilité, l’administration publique, la gestion des finances, les communications publiques et les relations communautaires (140, 156).

Troisièmement, la décentralisation donne les meilleurs résultats si elle est inclusive — c’est-à-dire lorsque les autorités s’enquièrent des besoins et des intérêts communautaires et y répondent et lorsque les membres de la communauté prennent part au processus de prise de décisions. Une telle participation contribue à garantir la prise de décisions répondant aux besoins exprimés et la responsabilisation (137, 140, 141). Les membres de la communauté et leurs dirigeants connaissent bien les problèmes auxquels ils font face et peuvent souvent suggérer des solutions efficaces. Les gouvernements peuvent contribuer à assurer la participation du peuple au moyen d’élections et de référendums, d’enquêtes et de réunions ouvertes à tous et en établissant des groupes consultatifs ou des comités de contrôle communautaire (85).

A Porto Alegre, au Brésil, le gouvernement local a systématisé et institutionnalisé la participation du public à la préparation des budgets municipaux en 1989. Chaque année, les citoyens sont invités à deux réunions organisées par les édiles. Ils établissent un classement des 5 grandes priorités à partir d’une liste qui compte 14 besoins à satisfaire, dont l’éducation, le logement, les égouts et le pavage des chaussées. Le gouvernement local se sert de cette liste pour amender ses plans régionaux et les affectations budgétaires (121, 141).

Des progrès remarquables ont été enregistrés dans l’amélioration des conditions de vie des pauvres de la région depuis que ce processus participatif de planification a été mis en œuvre. En sept ans, le taux de ménages ayant accès à l’eau est passé de 80 à 98 % et celui de l’accès aux égouts de 46 à 85 %. Cette façon d’aborder les problèmes a connu un tel succès qu’elle a été reprise par 100 autres municipalités brésiliennes (141).


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