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![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Amélioration des conditions de vie |
Don Hinrichsen |
A Bangkok, comme dans bien d’autres zones urbaines, les habitants des bidonvilles n’ont pas d’autre choix que d’utiliser des sources d’eau qui ne sont pas propres. Assurer un approvisionnement en eau propre et améliorer l‘assainissement pourraient contribuer à prévenir la majorité des maladies à support hydrique et les décès qu’elles entraînent. |
Le rôle des gouvernements locaux. les politiques économiques et sociales que les gouvernements locaux peuvent appliquer « en faveur des pauvres », on peut citer les suivantes : allègement des restrictions imposées au marché du travail informel afin que les groupes à faible revenu puissent avoir davantage d’occasions de gagner de l’argent ; apport d’un soutien aux petites entreprises en leur donnant accès au crédit et à des terres ; création d’emplois destinés aux personnes qui seraient autrement exclues du marché du travail à la suite de la mécanisation ; investissement dans les domaines de l’éducation et de la santé, y compris l’hygiène de la reproduction et le planning familial ; et réduction de l’inégalité entre les sexes (51, 73, 143, 154).
Les gouvernements peuvent traiter de certains aspects de la pauvreté avec efficacité au niveau des communautés, malgré les capacités limitées de ces dernières à générer une croissance économique (106, 154). L’amélioration des conditions de logement et la prestation de services de base peu onéreux et adéquats — comme l’eau et l’assainissement — font partie des moyens les plus importants pour améliorer les conditions de vie de la population. En outre, lorsque le logement et les services sont assurés de manière efficace, les personnes peuvent consacrer une moindre partie de leur revenu à ces nécessités et disposent donc de davantage de moyens pour d’autres besoins essentiels (45, 104, 132).
Cependant, nombreux sont les gouvernements qui n’ont pas la volonté politique nécessaire pour offrir un logement peu onéreux et légal (24, 44, 106, 158). Deux des éléments les plus importants des politiques visant à éviter les bidonvilles consistent à assurer l’accès des pauvres aux terres et au financement (137). Il faut souvent que les gouvernements réforment les lois et les règlements relatifs aux marchés du logement, au marché agraire et à l’infrastructure. Une réforme des systèmes de financement du logement peut aussi faciliter l’accès des pauvres au crédit (154, 155).
L’aménagement des bidonvilles exige diverses améliorations aux niveaux matériel, social, économique, administratif et environnemental. Leur rénovation doit porter au minimum sur la prestation de services et une infrastructure de base tels que l’approvisionnement en eau propre et des égouts adéquats. Parmi les autres mesures à cet effet, on peut citer la construction d’installations communautaires, comme les cliniques, et le renforcement des possibilités d’obtention de revenus grâce à la formation et au micro crédit (24, 154).
Le succès de tout programme d’aménagement des bidonvilles exige que les personnes qui n’en disposent pas aient des garanties concernant la jouissance des terres et du logement (137, 154). Les personnes qui se sentent à l’aise dans leur quartier investiront probablement davantage dans leurs communautés (32, 137). En fait, la sécurité de ces droits est un facteur de motivation des occupants qui investissent entre deux et quatre fois plus que les montants consacrés par le gouvernement à l’amélioration de l’infrastructure. Assurer ces droits provoque en outre une montée des investissements privés — estimés à 7 dollars US pour chaque dollar provenant des fonds publics (154).
L’amélioration des conditions de vie dans les bidonvilles ne doit pas nécessairement coûter des sommes astronomiques aux gouvernements. Selon la Banque mondiale, les programmes d’aménagement destinés à assurer des services à tous les bidonvilles des pays en développement pourraient être mis en œuvre pour un coût total se montant à entre 0,2 et 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) s’ils sont étalés sur une période de 20 ans (154).
Anjte Becker-Benton |
Un marché urbain en Arménie. Les gouvernements locaux de bien des pays pourraient aider les petites entreprises en facilitant l’accès au crédit et aux terres, à la formation, à l'éducation et aux soins de santé. |
Le rôle des communautés. La participation des membres de la communauté aux programmes concernant l’aménagement des bidonvilles est essentielle (154). Lorsque les pauvres s’organisent et travaillent ensemble, comme par exemple dans le cas des caisses locales d’épargne et de crédit, leur pouvoir de négociation avec le gouvernement en ce qui concerne les terres, l’infrastructure et les services s’en trouve renforcé. Au cours de la décennie écoulée, les citadins pauvres se sont organisés pour mettre sur pied des caisses d’épargne et de crédit, souvent avec le soutien d’organisations non gouvernementales et de bailleurs de fonds internationaux. La plupart fonctionnent avec des fonds de crédit renouvelable institués par des associations communautaires. Celles-ci permettent aux ménages à faible revenu d’avoir accès au crédit. La communauté dans son ensemble fait essentiellement fonction de garant du remboursement des prêts accordés aux particuliers (44, 137).
En mettant leurs ressources en commun et en faisant don de leur travail, les groupes communautaires peuvent souvent assurer le logement et les services de façon plus rentable que les gouvernements ou les promoteurs privés. Aux Philippines, par exemple, le gouvernement doit dépenser 250 000 pesos (1 dollar US vaut 55 pesos) pour construire une habitation de 22 mètres carrés dans une colonie de relogement. Par contraste, la Fédération des sans-abris des Philippines peut en construire une deux fois plus grande pour 60 000 pesos. Qui plus est, elle peut aussi construire des routes, assurer le drainage et l’approvisionnement en eau et en électricité pour entre 50 et 100 pesos seulement par mètre carré de terre aménagée, alors que les promoteurs immobiliers privés demandent 550 pesos par mètre carré pour le même travail (146).
Le rôle des bailleurs de fonds. L’ampleur de l’accroissement démographique urbain et les problèmes que pose la pauvreté dans les villes sont sans précédent. S’y attaquer exige une approche à long terme, où l’accent est mis sur le renforcement des institutions en vue d’accroître les capacités des zones urbaines à y faire face (52). Les responsables de l’aménagement urbain sont de plus en plus d’accord avec le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, sur le fait « qu’une bonne gouvernance est peut-être LE facteur le plus important pour l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement » (125).
Pour s’assurer que les groupes à faible revenu reçoivent les bénéfices prévus, les agences donatrices peuvent accorder leur soutien à une meilleure gouvernance et, lorsque les institutions gouvernementales sont fragiles, accroître le financement qu’elles accordent aux institutions non gouvernementales (52, 106). Les bailleurs de fonds internationaux devraient, chaque fois que possible, œuvrer par l’intermédiaire de partenaires locaux, aussi bien pour accroître leur crédibilité auprès des citadins pauvres que parce que ces derniers connaissent mieux les problèmes auxquels ils sont confrontés et les solutions qui peuvent y être apportées (52, 103).
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