Table des matières
Chapitres
Faits saillants
![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Comment assurer l’approvisionnement |
Sara A. Holtz, Peace Corps Volunteer |
Au Burkina Faso, des jeunes garçons amènent de l’eau à des clients qui n’ont pas l’eau courante. L’établissement de prix de l’eau reflétant la rareté de cette ressource est une tâche difficile, mais essentielle si l’on veut satisfaire la demande. |
Si l’on veut économiser l’eau, il est essentiel d’en fixer le prix à un niveau qui corresponde à sa valeur en tant que ressource limitée. Des prix trop bas ou la gratuité de l’eau ne font qu’encourager son gaspillage. Les villes fournissent souvent de l’eau à des prix extraordinairement bas aux personnes qui sont reliées au système de distribution — souvent les habitants des quartiers des classes moyennes et riches et les zones réunissant des entreprises. Les frais d’utilisation de l’eau n’en couvrent même pas les coûts et génèrent encore moins les revenus nécessaires pour régler le prix de l’extension de ce service aux quartiers pauvres (97).
L’accès à l’approvisionnement en eau dépendant du revenu des usagers et de leur emplacement, il est compliqué de l’économiser par la gestion de ses prix. Par exemple, pour les groupes riches ou de classe moyenne, les mesures les plus efficaces de fixation des prix de l’eau consistent, entre autres, à en augmenter le tarif et à sensibiliser ces consommateurs à l’importance de sa conservation (149).
Les mesures qui visent à accroître l’accès à l’eau la rendent souvent plus chère pour les pauvres, qui n’ont pas toujours les moyens d’en payer le prix (149). Les structures tarifaires conçues pour économiser l’eau doivent pénaliser son abus, mais sans en restreindre l’accès pour les citadins pauvres. Une fois les tarifs en place, les gros consommateurs peuvent, jusqu’à un certain point, contribuer à la subventionner en faveur des pauvres (135).
Le fait de faire payer les branchements sur le réseau municipal ne prive pas nécessairement d’eau les communautés dont les revenus sont faibles. Par exemple, à Tegucigalpa, au Honduras, six quartiers pauvres se sont réunis pour demander à la régie des eaux de la ville de leur fournir de l’eau courante. Les consommateurs eux-mêmes ont payé pour les branchements, mais cela n’a pas empêché les prix réglés par les ménages de chuter parce que les habitants n’avaient plus besoin d’acheter l’eau vendue à un prix plus élevé par les marchands ambulants. Et ils ont pu bénéficier d’une eau de meilleure qualité (97).
L’eau potable est souvent utilisée alors qu’une eau de moindre qualité pourrait tout aussi bien convenir. Elle sert parfois, par exemple, aux chasses d’eau des toilettes, à laver les véhicules et à nettoyer les rues. On pourrait plutôt se resservir des eaux usées ayant été traitées ou des écoulements urbains dans certains de ces cas et pour l’irrigation des terres agricoles (135).
Amélioration de l’assainissement. Deux types de technologie d’assainissement — sur place et hors site — pourraient contribuer à l’amélioration de l’assainissement s’ils étaient plus généralement utilisés. La première élimine les déchets à l’endroit même où ils sont créés, comme dans le cas des latrines. La seconde en fait autant, mais de façon centralisée, comme pour les systèmes conventionnels de traitement des eaux usées (50).
Il est possible d’arriver à un meilleur assainissement sur place en se servant davantage de latrines sans chasse d’eau, qui peuvent être construites à moindre prix, sont faciles à utiliser et dont l’entretien est peu coûteux. Elles conviennent particulièrement bien aux endroits où l’approvisionnement en eau est limité et où il existe un terrain suffisant pour creuser de nouvelles latrines et combler les anciennes (50).
Les technologies hors site ont tendance à coûter nettement plus cher, elles exigent de la main-d’œuvre qualifiée pour leur construction et elles ont besoin d’un entretien constant. Il faut aussi un approvisionnement substantiel en eau pour les égouts conventionnels (50, 113). On peut cependant les appliquer à moindres frais dans les zones urbaines, après une certaine planification, comme le démontre le Projet pilote Orangi, mis en œuvre à Karachi, au Pakistan.
Cette organisation, créée en 1980, est la mieux connue au monde pour les mesures communautaires qui ont été prises en vue d’assurer un assainissement et la gestion des eaux usées à un prix abordable. Le gouvernement local s’était révélé incapable de fournir un système d’assainissement adéquat pour Orangi, le plus grand bidonville de Karachi. Le Projet pilote proposait la mise en place d’un système d’assainissement, à la fois autofinancé et autogéré. Il a trouvé un moyen de réduire le coût des canalisations allant aux latrines et aux égouts de façon à ce que les pauvres puissent le couvrir (5). Il a ensuite organisé des réunions des habitants du quartier pour leur expliquer les avantages qu’ils tireraient d’un meilleur assainissement (5, 44).
Après s’être mis d’accord pour améliorer l’assainissement, les habitants du quartier ont élu un leader qui a demandé une aide technique au projet. Le personnel de celui-ci a alors effectué un relevé du quartier, tiré des plans et réalisé une estimation des coûts à couvrir à cette fin. Les dirigeants en ont ensuite informé les habitants et collecté de l’argent auprès de ceux-ci. Une fois le réseau d’égouts installé, chaque quartier est devenu responsable de son entretien (44).
A ce jour, le Projet Orangi couvre près de 84 % du bidonville. Ses habitants ont collectivement collecté 1,7 million de dollars US pour autofinancer la construction de leur système d’assainissement. Plus de 72 000 latrines hygiéniques ont été installées et plus de 396 kilomètres de conduites d’égouts ont été posées (5).
![]() |
Information & Knowledge for Optimal Health (INFO) Project 111 Market Place Suite 310, Baltimore, MD 21202 Phone: 410-659-6300 Fax: 410-659-6266 Security & Privacy Policy Disclaimer: The information provided on this web site is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government. |
![]() |