Table des matières
Chapitres
Faits saillants
![]() Publié par le INFO Project, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXX, Numéro 4, |
Réduction de la pollution de l’airSelon les estimations de l’OMS, la réduction du taux de particules en suspension dans l’air des villes des pays en développement à des niveaux présentant moins de danger pourrait sauver entre 300 000 et 700 000 vies chaque année (29, 132, 162). Les taux élevés de pollution de l’air dans certaines zones urbaines d’Amérique latine font du contrôle des émissions des véhicules une grande priorité parmi les mesures qui s’imposent en matière de santé publique (20, 69). On peut en dire autant pour certaines villes d’Asie (Voir Pollution de l’air en extérieur). Il faut que les systèmes de transport soient conçus pour le déplacement des personnes et non pas des véhicules. Une des mesures fondamentales que les zones urbaines peuvent prendre consiste à réduire la dépendance sur les véhicules privés (136). Par exemple, Santiago, au Brésil, réorganise actuellement son système de transport afin d’encourager le public à se servir davantage des transports en commun tout en amenant ces derniers à utiliser des technologies plus propres et des carburants de remplacement (55). Face à des problèmes croissants aux plans santé et environnement, un certain nombre d’autres villes ont elles aussi pris des mesures pour réduire la pollution de l’air, principalement en améliorant les transports en commun et en allégeant la circulation (158) (Voir l’encadré, Singapour : ville planifiée). Depuis 1998, Bogota, en Colombie, a réussi a diminuer l’usage des véhicules en construisant des pistes cyclables, en imposant des restrictions aux véhicules à moteur à certaines heures de la journée et en mettant sur pied un réseau efficace d’autobus. Ces mesures ont réduit de 40 % la pollution de l’air (158). Le zonage, lorsqu’il est associé à de bons transports en commun, peut être une stratégie capitale pour la réduction de la pollution de l’air par les véhicules. A Curitiba, au Brésil, la ville réserve des terrains dans les quartiers urbains et les faubourgs afin que les squatters pauvres puissent y construire des logements à bas prix et bénéficiant de services tels que l’eau potable et l’enlèvement des ordures. Le gouvernement municipal a aussi mis en place un important réseau de transports en commun reliant les faubourgs au centre ville. Ceci a entraîné une baisse de la pollution due à la circulation et une croissance économique supérieure car les transports en commun acheminent plus facilement des personnes sur de longues distances pour les amener à leur lieu de travail et les routes sont moins encombrées par les véhicules privés (21, 44, 75, 83, 111).
La mise en réserve de terres pour des parcs et des espaces verts contribue aussi à la diminution de la pollution de l’air et des températures en zones urbaines. Il y a effet « d’îlot de chaleur urbain » lorsque les températures enregistrées dans les villes sont supérieures à celles des faubourgs et des zones rurales en raison du plus grand nombre de bâtiments et de la perte de végétation (49). Ce phénomène accélère la formation du smog, qui est nuisible pour l’environnement naturel et la santé. Il accroît aussi la demande en énergie destinée au rafraîchissement — celle qui est utilisée pour les ventilateurs et les climatiseurs. Les arbres et la végétation en général font fonction de climatiseurs naturels, refroidissant l’air tout en absorbant du gaz carbonique et en produisant de l’oxygène (71). Par exemple, la Régie de développement de la zone métropolitaine de Mumbai, en Inde, a créé et entretient un parc naturel qui contribue au nettoyage de la ville et à la baisse des niveaux de pollution (Voir encadré Nettoyage à Mumbai). Recyclage des déchetsLe recyclage de montagnes de déchets urbains pour en faire de nouvelles ressources tombe sous le sens aussi bien d’un point de vue environnemental qu’économique. Le recyclage permet de réaliser des économies de ressources naturelles et réduit la quantité d’ordures brûlées, enterrées dans des dépotoirs ou jetées dans les cours d’eau, les lacs ou les eaux côtières. Dans le même temps, il est possible de créer quelque 1 600 emplois pour chaque million de tonnes de déchets solides recyclés dans les pays en développement comme dans les pays industrialisés (78, 165). Certains de ces derniers exigent que les compagnies qui fabriquent des bouteilles en plastique ou autres objets jetables en assurent aussi le recyclage (83). Quelques pays font figure de pionniers car ils sont déjà passés de la récupération et du recyclage à la promotion de la « symbiose industrielle », en vertu de laquelle les déchets produits par une entreprise sont les matières premières d’une autre. Par exemple, Kalundborg, au Danemark, a mis en place la première zone industrielle intégrée il y a deux décennies. Les entreprises attirées par cet endroit unique en son genre ont mis au point un processus complexe de symbiose : une centrale électrique locale brûle les gaz résiduels provenant d’une raffinerie de pétrole, l’excédent de chaleur produit par la centrale chauffe des bassins destinés à l’aquaculture et d’autres sociétés utilisent les sous-produits de la combustion pour fabriquer des plaques de plâtre et du ciment. Pratiquement rien n’est gaspillé (83). Dans de nombreux pays pauvres, qui ne peuvent pas s’offrir des solutions « high-tech », des armées de chiffonniers fouillent les dépotoirs à la recherche d’articles qu’ils peuvent revendre ou recycler. Un tel système informel constitue non seulement un service public — que de nombreuses municipalités ne pourraient autrement pas payer —, mais fournit aussi des emplois et assure des revenus (44). A Mumbai, par exemple, une association comptant 2 000 femmes collecte les déchets ménagers et des dépotoirs municipaux et en assurent le recyclage (Voir encadré Nettoyage à Mumbai). Aller de l’avantAucun ensemble de politiques ne peut à lui seul répondre à tous les défis qui se posent à l’avenir urbain. Il faut plutôt aborder la gestion de la gouvernance urbaine par une politique sensée tenant compte d’une vaste gamme de choix dans ce domaine et dans celui des programmes. Une meilleure gouvernance est essentielle si l’on veut améliorer les conditions de vie dans les villes. Il est crucial de mettre en place une coordination intégrée aux niveaux national, provincial et local. Les gouvernements nationaux doivent renforcer leur rôle de facilitateur alors que les pouvoirs locaux doivent en faire autant en exerçant un contrôle plus direct sur la planification et la gestion des zones urbaines (137). Pour que les gouvernements locaux assument ces fonctions nouvelles, il faut que les autorités centrales leur délèguent une partie de leurs pouvoirs et de leurs ressources. Les municipalités ont en outre besoin de capacités renforcées car elles ne possèdent pas toujours l’expérience qu’ont les gouvernements nationaux. La participation du public, et en particulier des membres des communautés locales, est aussi vitale au renforcement de la prise de décisions (51, 110, 136, 137, 140, 141, 156). Les agences donatrices peuvent faciliter ce processus en réexaminant la nature même de l’assistance au développement. Elles peuvent ainsi réaffecter des ressources servant au financement de projets à court terme afin de les consacrer à des approches à long terme, axées sur le renforcement des capacités institutionnelles (52, 106). Une fois ceci accompli, les zones urbaines peuvent procéder à une planification plus exhaustive. Les établissements humains des zones urbaines répondront probablement mieux aux défis que pose l’accroissement démographique si, outre une gouvernance sensible aux besoins de la population, la planification et les mesures prises tiennent compte de facteurs interdépendants, tels que l’occupation des sols, la rénovation des bidonvilles, l’amélioration de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets et des systèmes de transport pour en renforcer l’efficacité. (L’édition française de ce numéro : septembre 2003.) |
![]() |
Information & Knowledge for Optimal Health (INFO) Project 111 Market Place Suite 310, Baltimore, MD 21202 Phone: 410-659-6300 Fax: 410-659-6266 Security & Privacy Policy Disclaimer: The information provided on this web site is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government. |
![]() |