Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Fécondité : différences et déclins

Les taux de fécondité varient d’une région à une autre. Parmi les pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, ils sont les plus élevés en Afrique sub-saharienne avec une moyenne de 5,3 enfants par femme et les plus bas en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes où ils sont de 3,5 (moyenne non pondérée calculée à partir des données les plus récentes pour chaque pays, voir Tableau 2). page suivante). Au Proche Orient et en Afrique du Nord, l’ISF moyen est de 4,3 enfants par femme. Dans les pays d’Europe de l’Est et en Asie centrale, la fécondité moyenne est de 2,1 enfants, soit presque aussi faible qu’en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord.

Au sein des mêmes régions, les taux de fécondités varient aussi beaucoup d’un pays à un autre. Dans six pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord où des enquêtes ont été effectuées depuis 1990, l’ISF va de 2,6 enfants par femme en Turquie à 6,5 au Yémen. Dans les huit pays d’Asie ayant fait l’objet d’une enquête depuis la même année, l’ISF va de 2,3 au Vietnam à 4,9 au Pakistan. (Il faut cependant noter que les données d’enquête pour ce dernier pays remontent à plus de 10 ans.) Dans les 16 pays où une enquête a été menée récemment en Amérique latine et dans les Caraïbes, l’ISF va de 2,3 à Porto Rico et de 2,5 au Brésil à 5 au Guatemala.

Dans les 11 pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale où des enquêtes ont été effectuées depuis 1990, l’ISF est de moins de 2 enfants par femme pour l’ensemble de ceux qui font partie de l’Europe de l’Est et varie entre 1,7 et 2,1 dans la région du Caucase. En Asie centrale, l’ISF va de 2 enfants par femme au Kazakhstan à 3,4 pour la République kirghize.

Différences dans les déclins. Comme nous l’avons mentionné précédemment, des déclins ont été constaté dans pratiquement tous les pays où une ou plusieurs enquêtes ont été menées depuis 1990, à l’exception du Mali, du Niger et de la Turquie, où il y a eu une légère augmentation. L’ISF a chuté de près de 2 % par an en moyenne dans les cinq pays asiatiques ayant fait l’objet de plus d’une enquête depuis 1990. Cette baisse a été la plus importante en Inde : 0,5 enfant par femme entre les enquêtes menées en 1992–93 et celles de 1998–99 (voir Tableau 2).

Dans les quatre pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord où plus d’une enquête a été effectuée depuis 1990, les taux de fécondité ont baissé de plus de 1 % par an en moyenne. Ils ont chuté d’environ 2 % par an dans les 13 pays d’Amérique latine et des Caraïbes où au moins deux enquêtes ont été menées depuis 1990.

Dans plusieurs pays en développement — dont le Bangladesh, l’Egypte, l’Indonésie et la Turquie — on a constaté un ralentissement de la baisse de la fécondité et, dans certains cas, il semble qu’il y ait eu marche arrière au cours des années 1990 par rapport à la décennie précédente. Cette tendance reflète des changements intervenus dans de nombreux facteurs, dont la préférence des personnes quant au nombre de leurs enfants et les conditions socioéconomiques ainsi que le niveau atteint par un pays dans sa transition démographique — le passage historique de niveaux élevés de mortalité et de fécondité à des taux inférieurs. Il se peut aussi que des problèmes de mesure affectent les données (20, 21, 29) (voir encadré, Tendances du déclin de la fécondité).

Photo of a urban setting in Cameroon JHU/CCP

Les enquêtes prouvent de plus en plus que dans certains pays de l’Afrique sub-saharienne, dont le Cameroun, les taux de fécondité ont commencé à baisser. Alors qu’ils sont toujours plus élevés dans cette région que dans les autres, les tendances récentes suggèrent qu’ils pourraient baisser à l’avenir car un plus grand nombre de programmes de planning familial améliorent l’accès à l’information et aux services ainsi que la qualité des soins dispensés.

Fécondité en Afrique sub-saharienne. Bien que les taux de fécondité demeurent plus élevés en Afrique sub-saharienne que dans toute autre région du monde, des enquêtes menées récemment prouvent que la transition démographique est en cours dans de nombreuses régions d’Afrique (35, 124, 125). Par exemple, la fécondité a baissé de plus de 1 % par an dans 9 des 16 pays d’Afrique sub-saharienne dans lesquels plus d’une enquête a été effectuée depuis 1990. L’ISF a le plus baissé au Cameroun — 1 enfant par femme entre 1991 et 1998.

Si on la compare aux transitions démographiques qui se sont produites précédemment ailleurs, celle de l’Afrique sub-saharienne est nettement plus lente (29). De nombreux facteurs — culturels, économiques, politiques et démographiques — permettent d’expliquer cette différence. Certains chercheurs mentionnent une forte préférence culturelle qui existe toujours en faveur des familles nombreuses, une importante population rurale dépendant de l’agriculture de subsistance et les faibles niveaux de développement économique (28, 35, 46, 61, 80). Des taux de mortalité infantile et juvénile toujours élevés (voir chapitre 8, Survie et santé de l’enfant) ont en outre contribué aux forts niveaux de fécondité parce que de nombreux couples peuvent avoir des enfants « supplémentaires » pour remplacer ceux qui meurent jeunes (28, 35).

Dans le passé, le refus des gouvernements de certains pays à mettre en œuvre des programmes de planning familial a limité l’accès à la gamme des méthodes et services de contraception nécessaires pour répondre aux besoins de la population. Qui plus est, certains pays d’Afrique sub-saharienne ont connu des conflits internes qui ont rendu difficile la prestation de services de planning familial (28).

Quoi qu’il en soit, si les tendances récentes enregistrées en Afrique sub-saharienne permettent d’en juger, les taux de fécondité de la région vont baisser à l’avenir comme ils l’ont déjà fait ailleurs. La plus récente moyenne variante des projections de l’ONU donne un ISF de 2,4 enfants par femme d’ici 2045 à 2050, ce qui reflète une telle attente (126).

L’impact du SIDA. Le VIH/SIDA est un autre facteur crucial affectant les taux de fécondité. L’Afrique sub-saharienne est confrontée aux niveaux de VIH/SIDA les plus élevés du monde. Le SIDA, qui a fait monter substantiellement les taux de mortalité dans les pays les plus touchés (voir chapitre 8.3, Impact du VIH/SIDA), peut aussi affecter la fécondité de bien des façons, aussi bien au plan biologique que du comportement. On peut citer à cet effet le décès des personnes en âge de se reproduire, la réduction de la fréquence des rapports sexuels, un plus grand nombre de fausses couches et de naissance de mort-nés, une incidence plus grande de l’aménorrhée et une fécondité moindre (au sens de l’aptitude à concevoir) (47). En outre, un plus grand nombre de personnes ayant été sensibilisées au VIH/SIDA et à la façon d’éviter d’être infecté (56), elles peuvent retarder leurs premières relations sexuelles, réduire le nombre de leurs relations extraconjugales, utiliser des préservatifs ou carrément éviter d’avoir des rapports sexuels, tous ces facteurs pouvant réduire les niveaux de fécondité.

Alors qu’il semble clair qu’il puisse exister des liens entre le VIH et la fécondité, l’impact réel est moins certain (47, 72, 104). Aucune étude n’a abouti à des conclusions solides à propos de l’effet général du SIDA sur la fécondité des populations nationales (47).


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