Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Recours aux contraceptifs

Les niveaux d’utilisation des contraceptifs varient énormément entre les régions en développement, allant d’une moyenne de 15 % en Afrique sub-saharienne à 68 % en Amérique latine et dans les Caraïbes (voir Tableau 1). Les taux de fécondité correspondent étroitement à ceux de l’usage des moyens de contraception. Dans les pays où ces derniers sont très répandus, la fécondité est faible alors qu’elle est élevée dans ceux où ils sont moins courants (voir Figure 1).

Augmentation du recours aux moyens de
contraception dans les pays en développement

La principale cause directe de la baisse des taux de fécondité dans le monde en développement est un usage accru des moyens de contraception (31, 44, 61, 131). Un pourcentage croissant de femmes — mariées et célibataires — a recours à des contraceptifs dans les pays en développement du monde entier.

On estime qu’actuellement 55 % des femmes mariées vivant dans les pays en développement utilisent un moyen de contraception ou un autre et que 50 % font appel à des méthodes modernes (voir Tableau 1). Par contraste, ces chiffres pour ce même groupe de population étaient de 41 % en 1990 et d’environ 33 % en 1983 (111, 112). Ces niveaux de recours aux moyens de contraception sont pondérés par importance de la population et donc fortement influencés par les taux d’utilisation en Chine et en Inde, les deux pays les plus peuplés du monde. Sans ces deux nations, le pourcentage des femmes mariées en âge de se procréer et utilisant actuellement un moyen quelconque de contraception dans le monde en développement serait estimé être entre 42 et 55 %.

Les données provenant de 38 pays en développement où de multiples enquêtes EDS et EHR ont été effectuées depuis 1990 indiquent que l’usage d’une méthode de planning familial quelle qu’elle soit par les femmes mariées a augmenté d’au moins 10 %, sauf dans 7 d’entre eux — El Salvador, Ghana, Jamaïque, Mali, Rwanda, Turquie et Zimbabwe (voir Tableau 3). Les niveaux d’utilisation de moyens de contraception n’ont baissé qu’au Rwanda — et de plus de 40 % — la guerre civile et les conflits ethniques des années 1990 ayant bouleversé la vie familiale.

Photo of a Ugandan woman receiving counseling on contraceptive use. H. Kakande, DISH II Project

En Ouganda comme dans d’autres pays, un nombre de plus en plus grand de femmes fait appel aux moyens de contraception. L’augmentation de l’usage qui en est fait a été la principale cause directe des déclins de la fécondité. Dans les pays en développement, environ la moitié des femmes mariées se servent de moyens de contraception modernes.

L’augmentation du recours aux moyens de contraception dans les pays en développement depuis 1990 est la poursuite d’une tendance de longue date. Entre 1975 et 1995, l’usage de contraceptifs par les femmes mariées a augmenté dans 30 des 31 pays dans lesquels deux enquêtes ou plus ont été menées (62). Qui plus est, les niveaux de recours aux moyens de contraception par les femmes célibataires et sexuellement actives ont aussi augmenté dans les années 1990 — de 10 % ou plus dans les 24 pays en développement pour lesquels on dispose de telles données, sauf 63 (voir Tableau C).

Alors que d’autres facteurs directs — le pourcentage de femmes mariées, de post-partum, de stérilité et d’avortement provoqué — ont aussi une influence importante sur les niveaux de fécondité (voir chapitre 5, Autres influences directes sur la fécondité), aucun n’a autant changé que l’usage des moyens de contraception dans les pays en développement ces dernières années. Aucun d’eux n’a donc autant contribué au déclin des taux de fécondité que l’augmentation du recours aux moyens de contraception (23, 44, 61).

L’accroissement de l’utilisation de moyens modernes — en particulier les contraceptifs injectables, mais aussi la stérilisation féminine, les contraceptifs administrés par voie orale et les DIUs — constitue la moitié ou plus de l’augmentation totale de l’usage de moyens de contraception par les femmes mariées des 38 pays en développement où des enquêtes multiples ont été effectuées depuis 1990, à l’exception du Burkina Faso, du Cameroun et de l’Equateur (31, 131) (voir Tableau 3).

3 La plupart des enquêtes effectuées depuis 1990 au Proche Orient, en Afrique du Nord et en Asie ont été limitées aux femmes ayant été mariées au moins une fois. Les exceptions ont été la Mauritanie, le Maroc, le Cambodge et les Philippines. Les enquêtes qui y ont été menées, comme dans tous les pays d’Afrique sub-saharienne, d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ont collecté des informations sur toutes les femmes, c’est-à-dire sur celles qui n’avaient jamais été mariées comme sur celles qui l’avaient été au moins une fois.

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