Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Différences d’usage de moyens
de contraception entre groupes

Les différences de fécondité entre les divers groupes de femmes — par tranche d’âge, éducation ou lieu de résidence — s’expliquent principalement par les différences de recours aux moyens de contraception.

Age et nombre d’enfants. Tout comme les différences d’âges en ce qui concerne la fécondité (voir chapitre 1.2, Différences d’âge et fécondité), l’usage de moyens de contraception par les femmes mariées augmente habituellement de niveaux faibles lorsqu’elles ont entre 15 et 19 ans à une pointe entre 30 et 39 ans, puis il baisse à nouveau (voir Tableau D).

Le recours aux moyens de contraception a tendance à augmenter en parallèle avec la parité (le nombre d’enfants vivants qu’une femme a), mais dans certains pays il suit une courbe inverse et chute. Un usage inférieur de ces moyens par les femmes ayant cinq enfants ou plus peut refléter une moindre aptitude à concevoir — et donc moins de chance d’être enceinte — au moment où elles arrivent à la fin de leur cycle reproducteur. De nombreuses femmes ayant une famille nombreuse n’ont en outre probablement que peu ou jamais utilisé de moyens de contraception dans le passé.

Education des femmes. Le niveau d’éducation des femmes est étroitement lié au recours aux moyens de contraception (80) aussi bien qu’à la fécondité (voir chapitre 1.3, Fécondité entre groupes différents). Même après avoir pris en compte d’autres facteurs, les chercheurs ont constamment constaté qu’il est plus probable que les femmes plus éduquées aient recours à des moyens de contraception (38). Même si l’éducation d’un mari a aussi un effet positif, elle est cependant moins importante que celle de la femme (5, 11).

Photo of a Ugandan woman receiving counseling on contraceptive use. Lutheran World Relief

Des femmes discutent dans la rue d’un village bolivien. Les moyens de contraception sont moins utilisés dans les zones rurales que dans les zones urbaines de presque toutes les régions du monde. Mais dans les pays où ils sont largement présents, la différence entre les zones rurales et les zones urbaines tend à être moindre que s'ils le sont moins — ce qui reflète la dissémination des idées, de l’information et des services.

Dans tous les pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, l’usage des moyens de contraception est plus élevé chez les femmes dont le niveau d’éducation est supérieur (voir Tableau D). Les différences dans ce domaine sont les plus importantes en Afrique sub-saharienne où leur utilisation totale est la plus faible de toutes les régions (36). Par contraste, dans les pays où le recours aux moyens de contraception s’est déjà étendu à pratiquement tous les groupes — comme c’est le cas pour le Bangladesh, la Colombie, la Jamaïque et Maurice — les différences sont relativement faibles en ce qui concerne l’usage de moyens de contraception en fonction du niveau d’éducation.

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir une scolarisation supérieure pour voir augmenter les taux d’usage des moyens de contraception. Le bouche à oreille et les moyens de communication de masse font souvent que les gens sont sensibilisés à la contraception et peuvent disséminer largement dans toute la société la norme d’une famille moins nombreuse.

Résidence en zone rurale ou urbaine. La différence qui est peut-être la plus constante dans les niveaux de recours aux moyens de contraception entre les divers groupes est celle qui a trait au lieu de résidence des femmes, en zone rurale ou urbaine (75). Dans 59 des 60 pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête, les taux d’utilisation des moyens de contraception par les femmes mariées des zones rurales sont inférieurs à ceux de celles qui habitent en zone urbaine. La seule exception est la Jamaïque où les niveaux d’usage sont identiques. En ce qui concerne les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ayant fait l’objet d’une enquête, ces différences sont relativement minimes et en Arménie et en Azerbaïdjan, l’utilisation de moyens de contraception est plus élevée dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

Tout comme dans le cas des différences de recours aux moyens de contraception en fonction des niveaux d’éducation, celles que l’on constate entre les zones rurales et urbaines varient entre les pays. Dans ceux où l’utilisation de ces moyens est étendu, ces différences sont moindres que dans ceux où leur prévalence est faible (36) (voir Tableau D).


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