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![]() Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA Volume XXXI, Numéro 2 |
Avortement provoquéUn grand nombre de femmes enceintes vivant dans les pays où elles tentent de limiter leur fécondité, mais où les services de planning familial son inadéquats, ont recours à l’avortement pour éviter des naissances non désirées (24, 58). Les enquêtes constatent que le pourcentage de femmes indiquant avoir eu au moins un avortement varie beaucoup dans les pays où l’avortement est légal et bien documenté, comme en Europe de l’Est et en Asie centrale. Les taux d’avortement sont élevés dans certains pays. Par exemple, 47 % des Arméniennes, 43 % des Géorgiennes et des Ukrainiennes et 40 % des femmes du Kazakhstan ont eu au moins un avortement (voir Tableau K). A l’autre extrême 7 % seulement des femmes interrogées en Haïti disent en avoir eu au moins un. Il n’existe cependant pas d’estimations fiables pour les niveaux d’avortement dans la plupart des pays. En règle générale, les pourcentages de femmes indiquant avoir eu au moins un avortement sont plus élevés dans les zones urbaines et parmi celles qui sont plus éduquées. Comme on peut s’y attendre, le pourcentage de celles qui ont eu recours à cette procédure augmente aussi avec l’âge des femmes. L’analyse des données d’enquêtes EHR effectuées au Kazakhstan, en République kirghize et en Ouzbékistan a cependant trouvé la preuve d’un déclin de l’avortement : les jeunes femmes étaient plus à même que leurs aînées d’utiliser un moyen de contraception après la naissance de leur premier enfant, ce qui fait baisser les niveaux d’avortement dans les tranches d’âges plus jeunes (137). L’accroissement des taux d’utilisation des moyens de contraception fait en fin de compte baisser celui des avortements dans les pays où cette méthode a été largement utilisée (54, 67). En Asie centrale et dans certains pays d’Europe de l’Est, par exemple, les moyens de contraception sont davantage disponibles et il semble qu’ils remplacent l’avortement en tant que méthode de contrôle des naissances (101). L’analyse des données provenant de trois républiques d’Asie centrale estime qu’il y a une réduction de 13 à 20 % des avortement par tranche de 10 % d’augmentation de l’usage des moyens de contraception (132, 137). Le pourcentage de femmes mariées ayant recours à des méthodes modernes de contraception a augmenté de 14 à 30 % en Roumanie entre 1993 et 1999 (voir Tableau 3). Dans le même temps, le taux total d’avortements provoqués (c’est-à-dire le nombre total d’avortements qu’une femme pourrait avoir pendant tout le temps où elle peut se reproduire, aux taux particuliers d’avortements à ce moment) a chuté de 3,4 à 2,2 avortements par femme (102, 103) (voir Tableau K). Il peut y avoir une baisse des taux d’avortement sans augmentation généralisée du recours aux moyens de contraception si les couples passent à des méthodes de planning familial plus efficaces. Ils ont baissé en Turquie parce que de nombreuses femmes ont adopté des moyens de contraception modernes au lieu de se fier aux méthodes traditionnelles dont les taux d’échec sont élevés. Il en est résulté un nombre plus faible d’échecs de la contraception et donc moins de recours à l’avortement provoqué (54, 101). StérilitéLes enquêtes suggèrent que le problème de la stérilité est particulièrement grave en Afrique sub-saharienne. Celle-ci est cependant difficile à définir (16) et encore plus à mesurer. On peut définir le niveau de « stérilité primaire » comme étant le pourcentage de femmes qui n’ont jamais donné naissance ou dont la grossesse s’est toujours terminée par un mort-né. On estime que le niveau minimum de stérilité primaire est d’environ 3 % (22). Celui de « stérilité secondaire » est le pourcentage de femmes en âge de se reproduire qui ont donné naissance, mais ne peuvent plus le faire (16). Les niveaux de stérilité primaire sont mesurés en fonction du pourcentage de femmes sans enfants après un certain nombre d’années de mariage (le plus souvent sept) ou, pour celles qui ne sont plus en âge de se reproduire, le pourcentage de celles qui sont sans enfants. Ces niveaux sont les plus élevés en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest — dont le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Niger et le Nigeria (65). Les niveaux de stérilité secondaire sont mesurés en fonction du pourcentage de femmes qui ont donné naissance mais n’ont pas eu d’enfants depuis un certain nombre d’années (le plus souvent sept) (65). Ils varient davantage d’un pays à un autre que ceux de stérilité primaire. Ils sont aussi considérablement plus élevés. Ils sont par exemple supérieurs à 20 % chez les femmes âgées de 20 à 44 ans vivant au Cameroun, en République centrafricaine, au Lesotho, en Mauritanie et au Mozambique (65). Parmi les pays d’Afrique sub-saharienne ayant fait l’objet d’une enquête, ils sont les plus faibles au Burundi, au Rwanda et au Togo — environ 5 %. Un fort taux de stérilité peut avoir un effet marqué sur les taux de fécondité d’un pays. Si, par exemple, les faibles taux de stérilité que l’on constate au Burundi se retrouvaient dans des pays où ils sont nettement plus élevés, les taux de fécondité de ces derniers seraient supérieurs d’un enfant ou plus aux taux actuels (65). Comparaison des influences directesDe tous les facteurs ayant une influence directe sur la fécondité, le recours aux moyens de contraception est de loin le plus important pour les responsables et directeurs de programmes d’hygiène de la reproduction. D’autres facteurs déterminants secondaires ont néanmoins une influence notable sur la fécondité dont ils peuvent affecter les niveaux futurs. Par exemple, le fait que les femmes se marient plus tard a contribué à la baisse récente des taux de fécondité de nombreux pays, en particulier en Asie et au Proche Orient et en Afrique du Nord (124). Une étude effectuée dans quatre pays d’Afrique sub-saharienne sur l’importance relative des différents facteurs secondaires a constaté que les déclins de la fécondité étaient plus accentués qu’on ne s’y attendait en se basant sur la seule augmentation du recours aux moyens de contraception. Si leur usage accru entre en compte pour une bonne part de cette baisse, d’autres facteurs y ont aussi contribué directement (15). Parmi ces facteurs, on peut citer l’utilisation de moyens de contraception plus efficaces, des mariages et rapports sexuels intervenant plus tard et des rapports moins fréquents par les femmes mariées qui ne veulent plus d’enfants ou en avoir un plus tard. L’amalgame de ces facteurs est différent d’un pays à un autre, mais ils ont tous joué un certain rôle plus ou moins important dans la baisse des niveaux de fécondité (15, 58). |
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