Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Nombre d’enfants désirés

Les enquêtes EDS (mais pas les EHR), demandent aux femmes ayant des enfants7 « Si vous pouviez revenir à l’époque où vous n’aviez pas d’enfants et si vous étiez capable de choisir le nombre d’enfants que vous pourriez avoir pendant votre vie, quel serait ce nombre ? » La question posée aux femmes sans enfants7 est : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants que vous voulez avoir pendant toute votre vie, quel serait ce chiffre ? » Les réponses à ces questions constituent les données relatives au nombre d’enfants désirés. Les changements intervenant dans ce domaine indiquent à quel point des normes relatives à la fécondité évoluent (9, 135).

Nombre d’enfants désirés. Dans 50 pays ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, les femmes mariées déclarent vouloir une moyenne de 4,7 enfants (voir Tableau 7). Cette moyenne obscurcit de grandes différences qui existent entre les pays d’Afrique sub-saharienne et ceux des autres régions du monde. En dehors de l’Afrique sub-saharienne, le nom- bre moyen d’enfants désirés est de 3,3, mais il est de 5,7 dans 28 pays d’Afrique sub-saharienne ayant fait l’objet d’une enquête.

Dans tous les pays de cette région pour lesquels on dispose de données, à l’exception de l’Afrique du Sud, les femmes veulent avoir plus de 4 enfants, avec une pointe de 8,5 au Tchad et au Niger. Ailleurs, les femmes ne désirent plus de 4 enfants qu’en Jordanie, en Mauritanie, au Pakistan et au Yémen. Les femmes ne déclarent vouloir que le nombre d’enfants au niveau du taux de fécondité de remplacement ou inférieur à celui-ci dans aucun des pays ayant fait l’objet d’une enquête (voir chapitre 1 pour cette définition).

Tendances. La moyenne du nombre d’enfants désirés a baissé de 0,2 en moyenne chez les femmes mariées de 32 pays en développement où plus d’une enquête a été effectuée depuis 1990 (voir Tableau 7). Cette baisse a été de 0,5 ou plus dans six pays d’Afrique sub-saharienne et au Yémen. La seule augmentation enregistrée entre les enquêtes a été constatée au Rwanda où le nombre d’enfants voulus a augmenté de 4,4 en 1992 à cinq en 2000.

Les changements constatés dans les années 1990 en ce qui concerne le nombre d’enfants désirés reflètent une tendance à long terme en faveur des familles moins nombreuses. Les enquêtes effectuées dans de nombreux pays dans les années 1980 faisaient état de baisses sensibles quant au nombre préféré d’enfants par rapport aux données enregistrées lors de l’enquête menée sur la fécondité dans le monde dans les années 1970 (97, 136). Quoi qu’il en soit, le nombre d’enfants désirés dans de nombreux pays — et donc les taux de fécondité — demeure nettement au-dessus de celui que l’on enregistre dans les pays industrialisés.

Fécondité désirée et non désirée. Malgré une utilisation accrue des moyens de contraception, de nombreuses femmes n’arrivent toujours pas à atteindre les buts qu’elles se sont fixés en matière de fécondité. Dans 50 pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, les femmes mariées ont en moyenne un enfant de plus que ce qu’elles veulent (voir Tableau 7, dernière colonne). Une naissance est considérée comme voulue si le nombre d’enfants vivants au moment de la conception est inférieur à celui qui est indiqué par la personne interrogée.

Les niveaux de fécondité non désirée dépendent du pourcentage de femmes qui ne veulent plus d’enfants et du nombre de celles qui réussissent à ne plus donner naissance (19). Ces données servent à calculer le « taux de fécondité désiré » — celui que l’on enregistrerait dans un pays s’il n’y avait pas de naissance non voulue — aussi bien que le « taux de fécondité non désiré ». Le premier est calculé de la même façon que l’indice synthétique de fécondité (ISF) (voir chapitre 1 comment il est calculé) mais ne compte pas les naissances non désirées. Le taux de fécondité non désiré est la différence entre l’ISF et le taux de fécondité désiré.

Pourquoi les femmes mariées ont-elles plus d’enfants qu’elles n’en veulent ? La fécondité non désirée a tendance à commencer par augmenter, puis à baisser lorsque les pays passent par leur transition démographique (19). Lors des premières phases de celle-ci, où la fécondité est élevée, la plupart des femmes veulent beaucoup d’enfants et il n’y a donc que peu de fécondité non désirée. Au Niger, par exemple, les taux de fécondité non désirée — 0,2 — sont parmi les plus bas de tous les pays en développement alors que l’ISF — 7,2 — est le plus élevé que l’on ait enregistré dans les enquêtes et que 5 % seulement des femmes mariées ont recours à un moyen de contraception.

Les niveaux de fécondité non désirée ont tendance à être particulièrement élevés lors des étapes moyennes de la transition vers des taux inférieurs de fécondité. Un plus grand nombre de femmes voulant moins d’enfants, les niveaux de fécondité non désirée augmentent. Ceci est dû au fait que le nombre d’enfants voulus par les femmes baisse plus rapidement que le recours aux moyens de contraception n’augmente. En Haïti, par exemple, les femmes ont environ deux enfants de plus qu’elles n’en veulent, l’ISF est de 4,7 et 28 % des femmes mariées ont recours à des moyens de contraception.

Ensuite, lors des étapes de fin de transition, davantage de femmes utilisent des moyens de contraception et la fécondité non voulue chute en même temps que la fécondité en général. En Indonésie, par exemple, la fécondité non désirée est en moyenne de 0,4 enfant par femme, l’ISF est de 2,8 et 57 % des femmes mariées ont recours à des moyens de contraception.

7 Cette question est posée aux femmes mariées au moins une fois dans les pays qui n’effectuent pas d’enquêtes auprès de celles qui sont célibataires (en Asie et au Proche Orient et en Afrique du Nord). Les données figurant dans la présente section, Tableau 6, ne portent que sur les femmes mariées afin de faciliter les comparaisons entre pays.

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