Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Survie et santé de l’enfant

Dans les pays en développement, une moyenne de 11 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts en moyenne chaque année pendant les années 1990, ce qui représente une baisse par rapport aux 20 millions de décès annuels enregistrés quatre décennies plus tôt. En Afrique sub-saharienne, par contre, le nombre des décès de cette catégorie de population a presque doublé pendant cette période, passant d’environ 2,3 millions à 4,5 millions par an (117). En l’an 2000, 43 % des morts infantiles dans le monde se sont produites en Afrique sub-saharienne, contre 14 % en 1960 (118).

Malgré les améliorations constatées en matière de survie de l’enfant dans le monde en développement, certains pays n’ont toujours pas atteint les objectifs de réduction de la mortalité infanto-juvénile fixés pour l’an 2000 par le Sommet mondial de l’enfance de 1990. Parmi ces objectifs figuraient la réduction, avant l’an 2000, des niveaux de mortalité infantile (probabilité de décès d’un enfant avant qu’il ne célèbre son premier anniversaire) et de celle des moins de cinq ans (probabilité de décès d’un enfant avant qu’il n’atteigne cinq ans d’âge) soit d’un tiers ou entre 50 et 70 décès par tranche de 1 000 naissances, la préférence allant au chiffre inférieur (123).

Selon les enquêtes menées entre 1990 et 2001, 30 pays sur 56 avaient réussi à atteindre l’objectif fixé pour la mortalité infantile et tout juste 19 pour celle des moins de cinq ans. Lors de premières enquêtes réalisées au Cameroun, au Kenya et en Haïti dans les années 1990, les niveaux de mortalité infantile sont tombés à entre 50 et 70 décès par tranche de 1 000 naissances vivantes, mais ils avaient remontés au moment de celles qui ont été menées par la suite.

Les objectifs fixés par le Sommet mondial n’ont pas été atteints pour diverses raisons, parmi lesquelles on peut citer un engagement moindre en faveur des programmes de vaccination des enfants, les conflits armés et la guerre civile et la transmission du VIH de la mère à l’enfant (130, 142). Par contre, les pratiques relatives à l’alimentation au sein se sont améliorées dans de nombreux pays depuis 1990, un plus grand nombre de mère adoptant celles qui sont bénéfiques au plan de la santé et de la survie juvéno-infantile.

Les taux de survie juvéno-infantile sont liés à ceux de la fécondité (10, 43, 59). Une étude portant sur 23 pays d’Afrique sub-saharienne a constaté que les différences enregistrées en matière de taux de survie de l’enfant représentent la majeure partie des différences de taux de fécondité entre pays lors des années 1980 et 1990 (61). L’une des raisons est que lorsque les enfants meurent, les familles ont fortement tendance à en avoir beaucoup.

Les niveaux de mortalité des nourrissons aussi bien que des enfants sont élevés dans un pays qui n’est toujours pas en transition démographique. Les décès d’enfants ayant entre un et cinq ans d’âge représentent la majeure partie des niveaux de mortalité des moins de cinq ans. Lorsque les taux de mortalité et de fécondité baissent pendant la transition démographique, le nombre de décès d’enfants ayant entre un et cinq ans chute plus rapidement que parmi ceux qui ont moins de douze mois.

Young boy sitting on his father's lap. Andrea Fisch

Une moyenne de 11 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts chaque année dans les pays en développement au cours de la décennie écoulée.

Au fur et à mesure de l’amélioration des soins de santé infantile dans les pays, les décès des nourrissons commenceront à représenter la plus grande partie de la mortalité des moins de cinq ans. Ainsi donc, il faudra que les programmes qui ont fortement contribué à la survie de l’enfant — vaccination, thérapie de réhydratation par voie orale, traitement des maladies respiratoires aiguës — soient associés à des efforts plus importants dans ce domaine, comme l’amélioration des services de santé maternelle et une meilleure nutrition au début de la période de sevrage (14).

Mortalité infantile

Dans 56 pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, 68 enfants sur 1 000 naissances en moyenne meurent avant leur premier anniversaire. Les niveaux de mortalité infantile sont en moyenne les plus élevés en Afrique sub-saharienne (87 décès de nourrissons par tranche de 1 000 naissances) et les plus faibles en Amérique latine et dans les Caraïbes (39 sur 1 000). Au niveau des pays, les taux les plus élevés sont enregistrés au Mozambique (135 sur 1 000) et les plus bas en Colombie (21 sur 1 000) (voir Tableau 12).

Sur 37 pays en développement où plus d’une enquête a été effectuée depuis 1990, les taux de mortalité infantile se sont améliorés dans 12, mais ont empiré dans 6. (Les changements portant sur moins de 10 décès par tranche de 1 000 naissances ne sont pas statistiquement importants et ne peuvent donc pas être considérés comme reflétant des changements véritables dans le taux de mortalité (96).) En Afrique sub-saharienne, il n’y a eu une amélioration de la mortalité infantile qu’au Ghana et au Malawi. La situation dans ce domaine s’est le plus détériorée en Côte d’Ivoire et au Rwanda (voir Tableau 12).

Ailleurs, les niveaux régionaux de mortalité infantile se sont améliorés d’une moyenne de 16 à 19 % entre les enquêtes. Au Bangladesh, au Belize, en Indonésie, au Nicaragua et au Pérou, les taux ont baissé de 20 à 29 décès par tranche de 1 000 naissances au cours des 6 à 9 ans qui ont séparé deux enquêtes successives. Sur 28 pays ayant fait l’objet d’une enquête en dehors de l’Afrique sub-saharienne, tous — à l’exception du Cambodge, de Haïti, de la Mauritanie, du Pakistan et du Yémen — ont fait passer la mortalité infantile aux niveaux fixés par le Sommet mondial de l’enfance de l’an 2000.

Les niveaux de mortalité infantile varient énormément entre les neuf pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale pour lesquels on dispose de données, allant d’un plancher de 14 décès par tranche de 1 000 naissances en Ukraine à un plafond de 74 en Azerbaïdjan et au Turkménistan. Les taux sont plus élevés en Asie centrale et dans le Caucase qu’en Europe de l’Est. A l’exception du Kazakhstan, où ils ont augmenté, ils ont généralement baissé dans la région depuis 1990.


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