Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Mortalité des moins de cinq ans

Les niveaux et tendances de la mortalité des moins de cinq ans ont été similaires à ceux de la mortalité infantile pendant les années 1990. Les maladies qui entraînent la mort de nombreux nourrissons tuent aussi un grand nombre d’enfants entre un et cinq ans. Les différences constatées en ce qui concerne cette mortalité dans 56 pays ayant fait l’objet d’une enquête sont cependant plus importantes que celles qui ont trait à la mortalité infantile.

En Afrique sub-saharienne, la mortalité des moins de cinq ans — 154 par tranche de 1 000 naissances — est deux à trois supérieure à la moyenne de toute autre région. La pauvreté, la propagation des maladies contagieuses, dont une montée en flèche de la tuberculose et du VIH/SIDA, une aggravation des niveaux de malnutrition et un accès limité aux services médicaux contribuent aux niveaux élevés de la mortalité des moins de cinq ans dans cette région (118).

Dans plus de la moitié des 29 pays ayant fait l’objet d’une enquête sur ce continent, les taux de mortalité des moins de cinq ans dépassent 150 pour 1 000 naissances. Ils sont de plus de 200 au Burkina Faso, au Mali et au Mozambique et atteignent 274 pour 1 000 naissances au Niger. Parmi les 27 pays d’autres régions où une enquête a été menée, les taux les plus élevés se situent entre 104 et 124 décès pour 1 000 naissances au Cambodge, en Haïti, en Mauritanie, au Pakistan et au Yémen (voir Tableau 12).

Sur les 37 pays en développement où plus d’une enquête a été effectuée depuis 1990, ces taux ont baissé dans 17, augmenté dans six d’entre eux et sont demeurés à peu près les mêmes dans 14 autres. La mortalité des moins de cinq ans a nettement diminué dans les cinq pays d’Asie où plusieurs enquêtes ont été menées. En Amérique latine et dans les Caraïbes, où les taux de cette mortalité sont les plus faibles de toutes les autres régions en développement, on a constaté une baisse sensible dans sept des 12 pays ayant fait l’objet de plus d’une enquête depuis 1990.

Les six pays où l’on constate un accroissement des taux de mortalité des moins de cinq ans se trouvent en Afrique sub-saharienne : Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Kenya, Rwanda et Zimbabwe. Par contre, des améliorations substantielles ont été constatées dans trois autres pays de la région — Malawi, Niger et Ouganda — dans le domaine de la survie de l’enfant au cours des années 1990 (voir Tableau 12).

Impact du VIH/SIDA

Les Nations Unies estiment qu’en Afrique, entre 1995 et 2015, le SIDA mettra fin aux jours de 3,7 millions d’enfants avant qu’ils n’atteignent cinq ans. Les pays les plus touchés — Afrique du Sud, Botswana, Kenya, Lesotho, Malawi, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe — prévoient des taux de mortalité des moins de cinq ans deux à trois fois plus élevés qu’ils ne l’auraient été s’il n’y avait pas le SIDA (113). Même dans les pays où l’impact du VIH/SIDA ne s’est toujours pas fait complètement sentir il est improbable que l’on ait d’autres réductions de cette mortalité parce que celle qui est due au SIDA dépasse de loin tout progrès que l’on peut faire contre les autres causes de décès (3).

Une étude portant sur les données EDS collectées dans 25 pays depuis 1990, estime que dans les pays où le taux de séroprévalence est élevé, celui-ci est responsable d’une part importante des décès des moins de cinq ans — de 13 % en Tanzanie à 61 % au Zimbabwe (2). D’autres chercheurs estiment qu’entre les enquêtes effectuées dans les années 1990, l’accroissement de la prévalence du VIH/SIDA a annulé les progrès réalisés dans le domaine de la survie de l’enfant en Tanzanie (71).

Mais, dans les 25 pays où des enquêtes ont été effectuées, le VIH/SIDA n’est pas le facteur le plus important affectant les taux de mortalité des moins de cinq ans. Ceux qui le sont le plus sont les conditions sociales et économiques de la famille et l’infrastructure médicale du pays (2). Une autre étude, portant sur 39 pays d’Afrique sub-saharienne, a constaté qu’au Botswana, en Namibie, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe, plus de 30 décès sur 1 000 naissances chez les enfants de moins de cinq ans étaient dus au VIH, alors que celui-ci n’en est la cause que de 10 sur 1 000 dans 18 autres pays (130).


An infant being immunized. Lauren Goodsmith

Au Maroc et dans plusieurs autres pays ayant fait l’objet d’une enquête, plus des trois quarts des jeunes enfants ont été entièrement vaccinés. Mais les niveaux de vaccination sont toujours nettement inférieurs aux recommandations de l’OMS dans de nombreux pays.

Vaccination des enfants

Le Sommet mondial de l’enfance de 1990 a fixé le but de vacciner 90 % des enfants de moins d’un an du monde entier avant l’an 2000 (123). A la date des enquêtes les plus récentes, les niveaux de vaccination complète des enfants de 12 à 23 mois n’ont cependant atteint ou dépassé ce chiffre qu’en Egypte, le Honduras suivant de près avec 89 %. La vaccination complète des enfants n’a pas dépassé 49 % dans 55 pays en développement ayant fait l’objet d’une enquête. Ces faibles niveaux ont affecté en particulier la survie de l’enfant dans les pays d’Afrique sub-saharienne (118).

Le programme étendu de vaccination de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se concentre sur six maladies infantiles courantes qui peuvent être prévenues par la vaccination : diphtérie, coqueluche et tétanos (DPT), rougeole, polio et tuberculose (BCG). La vaccination complète comprend trois doses de vaccin DPT, trois de vaccin anti-polio administré par voie orale, une vaccination contre la rougeole et le BCG.

La couverture complète de vaccination des enfants âgés de 12 à 23 mois varie énormément entre les 29 pays d’Afrique sub-saharienne ayant fait l’objet d’une enquête, allant de 11 % seulement au Tchad, à 78 % en Zambie. Il en va de même pour six pays d’Afrique du Nord et du Proche Orient où les taux vont de 21 % en Jordanie à 92 % en Egypte. Dans les pays d’Asie où une enquête a été menée, ces niveaux vont d’un tiers des enfants du Pakistan à environ les trois quarts de ceux des Philippines. Les niveaux moyens de couverture complète sont les plus élevés en Amérique latine et dans les Caraïbes, où ils atteignent 59 %. On trouve les plus bas en Bolivie, avec 26 %, mais ils sont de plus de 75 % en Equateur, au El Salvador et au Honduras (voir Tableau 12).

Les niveaux de couverture complète sont faibles dans certains pays parce que la troisième dose de DPT et celle du vaccin contre la polio ne sont pas administrées. En Ouganda, par exemple, moins de la moitié des enfants les ont reçues alors que 70 % avaient eu la première de la série (109). Dans d’autres pays, la couverture n’est pas complète parce qu’il manque un vaccin particulier (37). Une couverture incomplète peut être due à une mauvaise prestation de services et à des problèmes de logistique aussi bien qu’au manque de services de santé dans les endroits isolés et aux conflits ou troubles civils qui perturbent les services de santé (116, 121).


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