Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Santé maternelle

Une assistance médicale qualifiée pendant l’accouchement, que ce soit à la maison ou dans un centre médical, peut sauver la vie des femmes. Les complications non ou mal traitées de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum sont les principales causes de décès chez les femmes dans les pays en développement (77). Pour prévenir les complications de la maternité, il faut que des assistants qualifiés participent à l’accouchement et suivent la période du post-partum (66, 68, 108, 129, 139). Parmi ceux-ci, on peut citer les médecins, les infirmières et les sages-femmes formés aux accouchements normaux et pouvant aussi diagnostiquer et référer ou autrement gérer les complications obstétriques.

Les visites prénatales peuvent permettre d’identifier et de soigner certains problèmes tels que la malnutrition, la tuberculose, la syphilis, l’anémie grave, la pré-éclampsie et l’éclampsie. Des assistantes qualifiées peuvent administrer des injections antitétaniques et des compléments de fer et de folates et donner des conseils aux futures mères sur la santé et la nutrition pendant la grossesse. Elles peuvent aussi les aider à se préparer à l’accouchement et planifier ce qu’il faut faire en cas de complication (68).

Les enquêtes démontrent que les pratiques en matière de santé maternelle ne sont souvent pas à la hauteur. Un quart des femmes interrogées dans les pays en développement n’ont pas bénéficié de soins avant la naissance dispensés par une assistante qualifiée lors de leur plus récente grossesse au cours des cinq dernières années. Plus d’un tiers n’a pas reçu d’injection antitétanique et près de la moitié n’avaient pas d’aide qualifiée au moment de l’accouchement. Seuls quelques rares pays ont enregistré une amélioration notable de leurs indicateurs de santé maternelle depuis 1990.

Guatemalan women waiting for antenatal care at a rural clinic.
Patricia Poppe, JHU/CCP

Au Guatemala, des femmes attendent de recevoir des soins prénatals dans une clinique rurale. L’accès des femmes à une assistance médicale qualifiée pendant la grossesse et à la naissance varie énormément.

Soins avant la naissance

Si l’on se base sur 60 pays ayant fait l’objet d’une enquête, l’accès des femmes des régions en développement à des soins prénatals varie considérablement. En Asie, au Proche Orient et en Afrique du Nord, près de 60 % des femmes enceintes ont reçu une visite ou plus de prestataires qualifiés de soins lors de leurs plus récentes grossesses. Au Bangladesh, au Maroc et au Yémen, par contre, cela n’a été le cas que pour un tiers seulement des femmes et pour à peine un quart au Pakistan. Par opposition, en Indonésie et en Jordanie, neuf femmes sur 10 ont bénéficié de soins prénatals assurés par un prestataire qualifié (voir Tableau 14).

En Afrique sub-saharienne, 77 % des femmes en moyenne ont reçu la visite d’une personne qualifiée pour des soins avant la naissance au cours de leur dernière grossesse. Au moins la moitié des femmes enceintes de chacun des 30 pays ayant fait l’objet d’une enquête, à l’exception de l’Ethiopie, du Niger et du Tchad,ont bénéficié de soins prénatals et ce chiffre est de 90 % ou plus dans 11 pays. En Amérique latine et aux Caraïbes, cette moyenne était de 86 %, avec des taux nettement inférieurs en Bolivie (65 %) et au Guatemala (60 %). Dans tous les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ayant fait l’objet d’une enquête, 90 % ou plus des femmes ont reçu de tels soins pendant leur grossesse, à l’exception de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan.

Le pourcentage de femmes ayant bénéficié, depuis 1990, de soins qualifiés avant la naissance a légèrement augmenté en Asie (6 %), en Afrique du Nord et au Proche Orient (8 %) et en Amérique latine et dans les Caraïbes (7 %), mais il est demeuré à peu près le même en Afrique sub-saharienne. Sur les 38 pays où plusieurs enquêtes ont été effectuées, des augmentations de 10 % ou plus des soins avant la naissance ont été enregistrées en Bolivie, en Haïti, en Jordanie, au Mali, au Népal, au Nicaragua et au Pérou. Le pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals dispensés par une personne qualifiée n’a pas fluctué de plus de 3 % dans aucun des pays en développement (voir Tableau 14).

Injections antitétaniques

Dans les années 1990, le tétanos maternel a tué entre environ 150 000 et 300 000 femmes (42). Les spores infectent les femmes et les enfants lors d’accouchements dangereux et non hygiéniques, ce qui se monte, selon les estimations, à 5 % des décès maternels et 14 % des morts néonatales (119).

Les vaccins antitétaniques peuvent prévenir ces infections et sauver la vie des mères comme celle de leurs enfants. Les femmes enceintes devraient recevoir au moins deux doses d’anatoxine tétanique, ce qui assure entre un et trois ans de protection (122).

Dans les 56 pays ayant fait l’objet de l’enquête depuis 1990, près de deux tiers des femmes ont reçu une ou plusiers injections antitétaniques au cours d’une grossesse dans les cinq ans de l’enquête (voir Tableau 14). Les immunisations antitétaniques et les soins prénatals ne sont pas toujours liés. En Jourdanie par exemple, presques toutes les femmes interrogées ont bénéficié de soins prénatals pendant leur dernière grossesse, mais seulement 40% d’entres elles ont reçu des injections antitétaniques. En Egyte par contre, la moitié des femmes environ a bénéficié de soins prénatals, alors que près de trois-quarts d’entre elles ont reçu des injections antitétaniques. Près de 30 % des femmes ayant été vaccinées contre le tétanos n’ont pas demandé à recevoir d’autres soins prénatals (39).

La couverture par vaccination antitétanique est en moyenne la plus basse au Proche-Orient et en Afrique de Nord, soit 44%. En Afrique sub-saharienne et in Asie, environ trois femmes enceintes sur cinq reçoivent au moins une injection antitétanique, et en Amérique latine et aux Caraïbes, ceci est le cas pour presque quatre femmes sur cinq.

Le pourcentage des femmes ayant reçu une injection antitétanique au cours d’une grossesse a augmenté de 5 % en moyenne dan 36 pays ayant fait l’objet de plusiers enquêtes depuis 1990. Les augmentations ont été les plus fortes en Colombie et au Pérou. Mais dans les quartre pays, le Burkino Faso, Madagascar, l’Ouganda et le Rwanda les taux de vaccinations antitétaniques ont baissé (voir Tableau 14).


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