Table des matières
  • Résumé de la rédaction
  • Credits
Chapitres
  1. La fécondité toujours en baisse
  2. Recours aux contraceptifs
  3. Les différents moyens de contraception
  4. Contraception : sensibilisation et disponibilité
  5. Autres influences directes sur la fécondité
  6. Préférences en matière de fécondité
  7. Les jeunes femmes
  8. Survie et santé de l’enfant
  9. Santé maternelle
Points saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The John Hopkins Bloomberg School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland, 21202, USA

Volume XXXI, Numéro 2
Printemps 2003
Série M, numéro 17
Sujets spéciaux

Soins à l’accouchement

Il est capital, en cas d’urgence obstétrique ou de complication médicale pendant ou immédiatement après l’accouchement, qu’il y ait des assistants qualifiés pour gérer rapidement et efficacement le problème (138). Les enquêtes mesurent ces soins de deux façons : par le pourcentage de femmes donnant naissance dans une installation de santé plutôt qu’à la maison et par celui des naissances bénéficiant d’une assistance qualifiée, que ce soit à la maison ou en milieu médical. En règle générale, plus le niveau d’accouchements ayant lieu à la maison est élevé, plus celui de l’assistance qualifiée est faible. Dans les pays où de nombreuses femmes accouchent dans des installations médicales, l’assistance qualifiée est aussi élevée.

Accouchement dans une installation médicale. Les femmes accouchent nettement plus à la maison que dans une installation de santé dans une bonne partie de l’Asie et dans certains pays d’Afrique sub-saharienne, du Proche Orient et d’Afrique du Nord. C’est le cas pour environ un quart des femmes enceintes vivant en Asie. Les pourcentages varient énormément d’un pays à un autre, allant de 10 % ou moins au Bangladesh, au Cambodge et au Népal, à 62 % au Vietnam (voir Tableau 14).

Dans 30 pays d’Afrique sub-saharienne ayant fait l’objet d’une enquête depuis 1990, près de la moitié des femmes qui ont accouché l’ont fait dans une installation médicale, de 5 % en Ethiopie — le niveau le plus bas de tous les pays où une enquête a été menée — à plus de 90 % à Maurice et au Cap-Vert, qui est presque le plus fort pourcentage de tous les pays du monde. Il en va de même pour dans six pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord où une enquête a été effectuée : près de la moitié des femmes enceintes y ont donné naissance en milieu médical, de 16 % au Yémen à 93 % en Jordanie.

En Amérique latine et aux Caraïbes, 70 % en moyenne des femmes enceintes ont accouché dans de telles installations. Haïti enregistre le niveau le plus faible avec 17 %, alors que les plus élevés sont de 98 % au Costa Rica et de 99 % à Porto Rico. Il en a été de même dans tous les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, où cette moyenne est de plus de 90 %, à l’exception de l’Azerbaïdjan (74 %).

C’est dans les pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord que l’on constate la plus forte augmentation du pourcentage des naissances ayant lieu en milieu médical pendant les années 1990 : 30 % de plus entre les enquêtes. L’augmentation la plus frappante a été enregistrée en Egypte où, lors d’un sondage effectué en l’an 2000, 48 % des femmes ont indiqué que leur accouchement le plus récent avait eu lieu en milieu médical, contre 27 % en 1992 (voir Tableau 14).

En Afrique sub-saharienne où plusieurs enquêtes ont été effectuées depuis 1990, les déclins enregistrés dans certains pays dans le domaine des soins à l’accouchement ont outrepassé les progrès réalisés par d’autres. Une étude de huit pays de cette région a constaté un déclin du nombre de césariennes, lié en partie à celui de l’accès aux services de santé (27).

Assistance qualifiée à la naissance. Presque toutes les femmes des pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ayant fait l’objet d’une enquête ont accouché avec l’assistance de personnel qualifié alors que ce n’est le cas que pour la moitié seulement des naissances ayant lieu dans les pays en développement en général.

Les femmes bénéficient davantage d’une telle assistance en Amérique latine et au Caraïbes, où la moyenne est de 69 %. Elle est pratiquement universelle au Costa Rica, à la Jamaïque et en République dominicaine. Les seuls pays de la région où moins de la moitié des femmes accouchent avec une telle assistance sont le Guatemala (41 %) et Haïti (24 %) (voir Tableau 14).

Dans les 30 pays d’Afrique sub-saharienne ayant fait l’objet d’une enquête, environ la moitié des femmes donnent naissance avec l’aide de personnel qualifié, mais cette moyenne dissimule de vastes écarts entre pays. On enregistre dans cette région certains des niveaux les plus élevés aussi bien que les plus bas dans ce domaine, allant de plus de neuf femmes sur 10 au Cap-Vert et à Maurice à moins de une sur 10 en Ethiopie.

De grandes différences sont aussi notées entre l’Asie du Sud-est et l’Asie du Sud. Par exemple, 56 % des femmes ont bénéficié de l’assistance de personnel qualifié lors de leur accouchement au Philippines, contre moins de 20 % au Bangladesh, au Népal et au Pakistan. Dans les six pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord ayant fait l’objet d’une enquête, ces niveaux vont de 97 % en Jordanie à 22 % au Yémen.

Dans les 37 pays où plus d’une enquête a été effectuée pendant les années 1990, le pourcentage moyen des femmes ayant bénéficié d’une assistance qualifiée à l’accouchement est demeuré essentiellement le même, mais des augmentations sensibles ont cependant été constatées en Asie et dans certains pays d’autres régions. Quelques pays ont enregistré des baisses dans ce domaine, dont le Burkina Faso et le Yémen (voir Tableau 14).

Valeur des enquêtes

Les programmes d’enquêtes EDS et EHR permettent d’obtenir des données uniques, qui se révèlent intéressantés à plusieurs égards. Ils comblent un fossé de l’information car de nombreux pays en développement ne disposent pas de systèmes vitaux d’enregistrement pouvant produire des données fiables. Même lorsqu’ils existent, ils ne donnent pas nécessairement toutes les informations nécessaires en matière d’utilisation des moyens de contraception, de santé maternelle, de mortalité infantile et d’autres sujets d’importance capitale.

Ces enquêtes EDS et EHR ne se contentent pas de collecter des données sur l’hygiène de la reproduction pouvant être utiles pour la planification des programmes et des politiques et aux fins de comparaison entre pays : elles permettent aussi d’effectuer des études analytiques sur les relations de cause à effet. En d’autres termes, les enquêtes permettent aux analystes d’aller au-delà d’une simple description et d’arriver à une explication, en particulier si elles sont utilisées en conjonction avec des données provenant d’autres sources.

Les enquêtes servent aussi à évaluer les programmes, à mesurer leur effet et à améliorer la conception de ceux qui ont trait aux soins de santé. Par exemple, les données qui en sont tirées ont contribué à démontrer le rôle joué par le planning familial dans le déclin des taux de fécondité dans les pays en développement.

Au cours des vingt dernières années, les enquêtes EDS et EHR ont nettement approfondi notre compréhension des niveaux, des tendances et des facteurs déterminants de la fécondité, documenté le recours croissant aux moyens de contraception dans le monde en développement et démontré qu’il faut de meilleurs services d’hygiène de la reproduction. Ces enquêtes sont améliorées de façon continue afin d’aborder les questions que posent les décideurs et directeurs de programmes sur la façon de s’attaquer au problème du VIH/SIDA, de se concentrer sur les jeunes, de toucher les femmes mariées aussi bien que célibataires et autres sujets. Les enquêtes continueront, comme elles le font actuellement, à constituer à l’avenir un guide important pour l’accès à la prestation de soins de santé de qualité pour tous.


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