Photo of an Egyptian woman taking a pill.
Ministerio de Salud de Egipto

Table des matières

Chapitres
  1. Contexte
  2. Emploi des contraceptifs oraux
  3. Avantages des contraceptifs oraux
  4. Risques des contraceptifs oraux pour la santé
  5. Pilules contraceptives d’urgence
  6. Guide pratique des pilules d’urgence
  7. Problèmes de santé non résolus

Faites saillants

Publié par le Population Information Program, Center for Communication Programs, The Johns Hopkins University School of Public Health, 111 Market Place, Suite 310, Baltimore, Maryland 21202, USA

Volume XXVIII, Numéro 1
Printemps 2000
Série A, Numéro 9
Contraceptifs oraux

Cancer du sein

Depuis plus d’une trentaine d’années, on parle du rôle pos-sible des CO dans le développement du cancer du sein. Certains cancers du sein sont hormonodépendants, et le cancer du sein est une cause de plus en plus fréquente de mort parmi les femmes âgées, notamment dans les pays développés. C’est pourquoi de nombreuses études ont cherché à savoir si l’emploi des CO intervenait dans le risque de cancer du sein (521). En 1996, le Groupe collaboratif sur les facteurs hormonaux dans le cancer du sein a publié une analyse qui groupait les éléments épidémiologiques provenant de 54 études effectuées dans 25 pays (82, 83). Portant sur plus de 53.000 femmes atteintes d’un cancer du sein et plus de 100.000 non cancéreuses, ces 54 études ont fourni environ 90 % des preuves épidémiologiques disponibles à l’époque. L’analyse a examiné un grand nombre de caractéristiques de l’emploi des CO et de leurs utilisatrices.

L’analyse groupée a conduit en particulier aux conclusions suivantes :

  • Dans l’ensemble, les femmes qui prenaient alors des CO ou avaient cessé d’en employer durant les 10 dernières années couraient légèrement plus de risques que les non utilisatrices de recevoir un diagnostic de cancer du sein..
  • Le risque était le plus grand pour les utilisatrices actuelles et diminuait en fonction du temps écoulé entre la dernière utilisation et le diagnostic. Le risque relatif était de 1,24 pour les utilisatrices courantes, de 1,16 pour les femmes qui avaient cessé de les employer entre un à quatre ans avant le diagnostic, et de 1,07 pour les femmes qui s’étaient arrêtées de cinq à neuf ans avant le diagnostic.
  • Il n’y avait pas de risque supplémentaire pour les utilisatrices de CO qui avaient cessé de s’en servir de 10 à 20 ans avant le diagnostic. Dans certains sous-groupes, les anciennes utilisatrices de CO couraient moins de risques que les non utilisatrices.
  • Le risque supplémentaire de diagnostics de cancer du sein chez les utilisatrices de CO concernait uniquement les cancers localisés. En fait, les utilisatrices de CO couraient un risque réduit de cancers métastasés au-delà du sein.
  • Les femmes qui avaient employé des CO avant l’âge de 20 ans couraient un risque relatif légèrement plus élevé, par rapport aux non utilisatrices du même âge, que les femmes qui employaient des CO plus tard durant leur existence.
  • Il ne semblait qu’il y ait une différence selon que les femmes aient commencé à employer des CO avant ou après la naissance de leur premier enfant.
  • Dans le cas des femmes à antécédents familiaux de cancer du sein, l’emploi des CO ne semblait pas faire augmenter particulièrement le risque.
  • La durée d’emploi des CO n’intervenait pas dans le risque.
  • Les données étaient limitées, mais ne paraissaient pas être liées au type d’œstrogène ou de progestine ; la seule différence liée à la dose était une réduction du cancer du sein chez les femmes qui avaient employé auparavant les pilules à dose la plus élevée pendant plus de 10 ans (82, 83).

Cet ensemble de conclusions suggère deux explications possibles d’un rapport entre l’emploi des CO et le cancer du sein. En premier lieu, les CO peuvent encourager la croissance d’une tumeur déjà présente. Les observations selon lesquelles le risque relatif est le plus grand durant et peu après l’emploi des CO et la durée d’emploi des CO n’a aucun effet sur le risque semblent indiquer que les CO ne sont pas à l’origine de cette évolution. En deuxième lieu, les utilisatrices de CO peuvent simplement se faire examiner les seins plus souvent et plus soigneusement que les autres femmes, et peuvent donc déceler plus rapidement leurs tumeurs éventuelles. Le fait que tout risque supplémentaire de diagnostic de cancer du sein concerne des tumeurs qui sont localisées et que les utilisatrices de CO courent en fait un moindre risque de cancers métastasés au-delà du sein appuie fortement cette possibilité. Les chercheurs du Groupe collaboratif déclarent :

La relation observée entre le risque de cancer du sein et l’exposition hormonale est insolite, et il n’est pas pos-sible de déduire de ces données si elle est due a un diagnostic plus précoce ou à un cancer du sein chez les femmes qui ont utilisé des CO à un moment donné, aux effets biologiques des contraceptifs hormonaux, ou à un ensemble de raisons (82).

L’observation selon laquelle le modeste risque supplémen-taire est le plus grand durant l’emploi des CO et finit par disparaître après que la femme cesse d’employer des CO a d’importantes conséquences sur le plan de la santé publique (521). Comme la plupart des femmes emploient des CO quand elles sont jeunes, et comme le cancer du sein est extrêmement rare durant la jeunesse, le nombre de cancers du sein imputables à l’emploi des CO devrait être assez réduit. Selon les estimations du Groupe collaboratif, sur 10.000 Europé-ennes et Nord-américaines employant des CO de 16 à 19 ans, on ferait 0,5 diagnostic supplémentaire de cancer du sein dans les 10 années qui suivent l’arrêt de l’emploi des CO par ces femmes ; il y aurait 1,5 cas supplémentaires parmi les femmes âgées de 20 à 24 ans qui employaient des CO, et 4,7 cas supplémentaires parmi les femmes employant des CO entre 25 et 29 ans. En raison de cet indicateur d’âge, un emploi plus précoce des CO dans une population ne conduit pas à un ensemble plus grand de diagnostics de cancer (82). Règle générale, le nombre de cas supplémentaires serait plus faible dans les pays en développement, où le cancer du sein est moins fréquent (83). Vingt ans après l’arrêt de l’emploi des CO, il n’y avait pas de différence significative du nombre cumulatif de diagnostics de cancer du sein entre les femmes qui s’étaient servies de CO à ces âges et les non utilisatrices.

Photo of a parade float promoting social-marketed Nova oral contraceptives in Pakistan.

Population Services International

Au Pakistan, un char fait la publicité des contraceptifs oraux et des injectables de marque Nova.

Depuis l’analyse du Groupe collaboratif en 1996, on continue à étudier les CO et le cancer du sein. Aux Etats-Unis, une étude portant sur 744 femmes atteintes du cancer du sein a constaté des effets en grande partie comparables à ceux observés par le Groupe collaboratif ; cependant, dans la plupart des cas, les risques accrus n’avaient pas de signification statistique (480). Une petite étude de cas avec témoins, effectuée au Nigéria, a constaté que les femmes diagnostiquées avec un cancer du sein étaient plus susceptibles d’avoir employé des CO. Cependant, l’analyse n’a pas tenu compte d’autres facteurs de risque, tels que l’âge du premier accouchement ; par aileurs, on n’a pas pu obtenir d’informations concernant la durée d’emploi et la formulation des pilules (5). A l’instar de l’analyse du Groupe collaboratif, le groupe allemand d’étude du cancer du sein a constaté que les utilisatrices de CO avaient tendance à présenter des tumeurs du sein plus petites au moment du diagnostic. Cependant, l’emploi des CO n’avait aucun effet significatif sur la durée de la survie sans rechute ou sur l’ensemble de la survie (405).


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